Jérôme Dupin

TRAVIOLES & APPROXIMATIONS

6th March to 29th March 2017.

Opening on 6th March at 6pm.

Conference on 6th March at 4.00 pm.

The exhibition Travioles & Approximations presents nine paintings on paper by the artist Jérôme Dupin. This series was created especially for the exhibition at the Sorbonne ArtGallery. The bright red color passes from frame to frame, like an animated shape in a flipbook, changing position, size and form on the white background. Energy thus emerges from the series: from a game of colorful moving forms, an aspiration for something beyond perception is born.

 

“Dancing in chains”

Inserted, embedded in the thick baroque frames of the gallery, the paint attempts to escape its frame. Nesting the artworks in these huge, static enclosures, the artist questions the relationship between arts’ fulfillment and its constraints. If the temptation to “step outside of the box” (or maybe to stay inside it?) is exciting—or even camouflaged—the frame will always be present. Jérôme Dupin thus proposes, in an entirely rudimentary fashion, to explore the possibilities of a potential freedom within the frame. If this question is expressed in painting, it reflects a larger reflection, that one also finds in his video productions.

Titre 3

Through Painting

Approximations, the painting of Jérôme Dupin doesn’t ask nor respond. It proposes, suggests and maybe inspires another, slightly offbeat, vision of the world. Travioles, the flawed and the unstable, are aesthetic and political biases. The forms within the series move without points of reference or coordinates. They can disorient the viewer: who will become the traviole? The painting or us? By employing geometric forms and a singular color, Jérôme Dupin doesn’t seek the spectacular. A key virtue of his art is to leave space for thought.

Inside the Sorbonne Artgallery

Inviting Jérôme Dupin to show his paintings, as part of the initiative to promote the development of the research-creation inherent to Art&Flux (Institut ACTE), situates his work in this prestigious university context, at the core of a political, social and institutional dynamic. This overlapping dynamic also reappears when the citizen Jérôme Dupin reveals his civil function that, in parallel with his artistic activity, aims to enrich the common good. It should thereby be affirmed that this dual position is entirely coherent and brings an essential foundation to his painting, as it unfolds inside the Sorbonne Artgallery.

The Artist’s Career

Born in 1956, Jérôme Dupin studied at the Villa Arson in Nice, then became an artistic director for several publicity agencies. In 1992, he left everything, his work and Paris, in order to return to painting. His artistic curiosities revealed as much the legacy of Duchamp, Matisse, Hantaï, as that of the Viennese Actionists, Fluxus, Land Art, BMPT, Supports/Surfaces… His work, shown in France and abroad, is part of private and public collections. In parallel with his artistic practice, he was a university fine art professor and is currently Inspector of the Direction of Artistic Creation, under the Minister of Culture and Communication.

TRAVIOLES ET APPROXIMATIONS       

 

            Un jour, il y a déjà quelques années, un personnage de premier plan du monde de l'art me disait, répondant à un dossier que je lui avais envoyé juste pour avoir la possibilité de le rencontrer, que cela l'étonnerait beaucoup que l'on puisse fonder une démarche de peintre à la fois sur le minimalisme américain et sur supports surfaces.

            Cette opinion m'intrigua dans un premier temps, puis m'incita finalement à m'engager dans la certitude, enfin presque, que tout était justement possible entre ces deux « mouvements », voire en dehors ou encore autour.

            Bien que très bien placé pour le savoir, ce personnage important ne pouvait qu'ignorer que je puisais les éléments de ma réflexion autant chez Duchamp que chez Matisse, sans oublier l'Actionnisme viennois ni Fluxus ni le Land art ni BMPT...

            Je crois que c'est à ce moment-là que j'ai compris que l'obsession disciplinaire des catégories était un handicap vraiment dommageable pour les artistes, particulièrement en France.

            Environ trente-cinq ans après cet épisode, je me rends compte aussi à quel point l'obsession du commentaire sur a construit une approche et une diffusion de l'art très particulières.

            Au fond, ces deux obsessions rapportent l'art, sa diffusion et sa réception à un simple mode culturel, dont on connait assez bien aujourd'hui le glissement progressif vers le divertissement.

            C'est ainsi, qu'à force de catégoriser, de disciplinariser et de commenter, on a probablement favorisé (au moins) deux sortes d'art. Celui d'un marché sans cesse plus spéculatif (merci Thatcher et Saatchi) et celui d'un « petit » marché, sinon un non-marché - condamnant les artistes soit à vivre comme des rock-stars soit à survivre chichement plutôt qu'à vivre vraiment de leur art.

            Personnellement, je n'ai pas à me plaindre. En effet, je ne m'intéresse ni au succès, ni au marché, ni à la survie.

            Ce qui me convoque à l'atelier, dans la mesure où j'aurais des idées pour faire quelques petites choses, c'est simplement ma vie.

            Je ne sais pas à quoi je sers. Ni à quoi servent mes productions.

            Tout ce que je sais, c'est que je ne fais quelque chose que lorsque cela s'impose, d'une façon ou d'une autre. Bien sûr, après toutes ces années à faire des choses, je peux comprendre à peu près ce que j'ai déployé, suivant un fil plus ou moins conducteur. Mais je suis persuadé que je n'ai rien programmé réellement. Pire, j'ai même toujours refusé de projeter quoi que ce soit. Par souci de liberté personnelle, sans doute.

            Liberté qui n'existe évidemment pas. Mais liberté que j'ai besoin de me figurer pour « suspendre » la réflexion, la théorie, l'histoire, la culture, pour faire, enfin, quelque chose. Pour exécuter un travail.

            Ainsi chaque séance à l'atelier demande une réelle mise en condition préalable. L'idée, c'est de ne jamais faire quelque chose à moitié ou à peu près. C'est une question de respect du temps. Celui qui m'est imparti. Au jour le jour comme à long terme. Et j'en manque, de temps.

            Pour moi, le travail artistique est à ce prix.

            Refuser le marché tel qu'il est devenu et refuser de crever la gueule ouverte pour l'art tel qu'il est devenu dans sa condition d'existence.

            On ne va quand-même pas vendre des œuvres comme de vulgaires boîtes de conserve, n'est-ce pas - ni se suicider parce qu'on n'est pas reconnu à sa juste valeur.

            Une autre possibilité, si on n'est pas content, reste bien sûr de faire autre chose que de l'art.

            Bien entendu, tout cela reste très approximatif et légèrement de traviole, comme il se doit.

 

Jérôme Dupin

Janvier 2017

12, Place du Panthéon

Aile Soufflot - RDC

75005 Paris

  • Facebook Classic
  • Instagram
  • Youtube
ACADEMIC IMPACT WEB OK1.jpg
Capture d’écran 2018-10-22 à 22.43.58.pn
Capture d’écran 2018-11-29 à 11.58.57.pn