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Oligocracy

PSJM
OLIGOCRACY

Du 7 décembre 2017 au 3 février 2018

Commissariat d’exposition : Yann Toma

Vernissage le 6 décembre 2017

Sorbonne Artgallery a le plaisir de vous présenter la série Oligocracy de PSJM, visible du 7 décembre 2017 au 3 février 2018.

Pour ce projet, PSJM se sert d’une série de stratégies rhétoriques-plastiques afin de révéler une réalité cachée en pleine lumière. Le système capitaliste actuel et sa sœur, la démocratie libérale, se présentent comme la puissance du grand nombre (les néolibéraux identifient même le « pouvoir du consommateur ») alors que le pouvoir réel est en fait dans les mains de quelques uns, à savoir une poignée de marques qui opèrent comme boucliers pour des entreprises conglomérales.

 

Oligocracy réunit neuf compositions représentant les Trois Grands de l’époque. Par extension, Big Three, titre qui désignait à l’origine les grandes marques de l’industrie automobiliste (Ford, Chrysler, General Motors), est couramment utilisé dans le monde des affaires pour désigner les trois entreprises leaders de leur secteur. Les compositions et arrangements de PSJM combinent les marques pour créer des emblèmes contemporains qui suggèrent l’existence d’un nouveau féodalisme, concept dont parle Jean Ziegler dans « L'Empire de la honte » et « Les nouveaux maîtres du monde ». 

La mise en forme de cette œuvre a été spécifiquement adaptée à l'environnement du Panthéon-Sorbonne où se situe la Sorbonne Artgallery. L'architecture somptueuse de l’espace est particulièrement adaptée pour créer un lien avec un autre thème implicite dans la composition esthétique du projet : la relation entre pouvoir et connaissance, que Foucault a rendu visible dans ses généalogies et archéologies du savoir. Oligocracy, comme toutes les œuvres de PSJM, abrite ainsi une multitude de références dans sa polysémie, ouvrant plusieurs niveaux de sens matérialisés dans ses décisions esthétiques. L’écriture dorée fait référence à l'or en tant que symbole du pouvoir politique et du pouvoir économique. La soie noire qui sert de toile de fond aux nouveaux « emblèmes féodaux » des Trois Grands incarne ainsi un modèle de domination capitaliste, qui soumet le citoyen par le confort et la promesse du luxe. La publicité ambitieuse, par exemple, entraine une tromperie idéologique fondamentale, car elle mène les consommateurs à penser que tout le monde peut avoir accès au luxe (une fausse démocratisation du luxe). Le pouvoir capitaliste vous caresse alors que vous-vous y soumettez : ce n'est pas un hasard que la typographie choisie pour le mot "Oligocracy" qui traverse ces images porte le nom Champagne & Limousines. 

PSJM est une équipe de création, de théorie et de gestion formée par Cynthia Viera (Las Palmas G.C., 1973) et Pablo San José (Mieres, 1969). PSJM se présente comme une "marque d'art", s'appropriant ainsi les procédures et les stratégies du capitalisme avancé pour en subvertir les structures symboliques.

 

La marque-équipe a été incluse parmi les 100 artistes les plus représentatifs de l'art politique international dans Art & Agenda : Political Art and Activism, (Berlin : Gestalten, 2011). Ils ont également été inclus dans Younger than Jesus. Artist Directory. The essential handbook to the future of art (New York : Phaidon-New Museum, 2009) et Come Together : The Rise of Cooperative Art and Design (New York : Princeton Architectural Press N.Y., 2014), entre autres.Leur travail a été présenté dans de nombreuses expositions internationales telles que Personal Structures dans le cadre de la 58e Biennale de Venise (2015), Beyond the Tropics, dans le cadre de la 56e Biennale de Venise (2015), Hic et Nunc, Hirshhorn Museum, Washington D.C. (2014), One Shot ! Museu Brasileiro da Escultura, São Paulo (2014), Off Street, A Foundation, Londres (2009), The Real Royal Trip... by the Arts, PS1-MoMA, New York (2003, en collaboration avec El Perro y Aitor Méndez), et d'autres en Espagne : Prophetia, Fundación Miró, Barcelone (2015) ou PIGS, Artium, Vitoria (2016).

Dans le domaine théorique, il est important de souligner certaines de leurs dernières publications : Arte y procesos democráticos (TEA, Tenerife, 2017) Fuego amigo (CENDEAC, Murcia, 2015), et l'article "Marcuse y el lema de la CIA" dans Revista de Occidente (Madrid, 2016). Parmi leurs travaux de gestion culturelle, citons le commissariat, la coordination et la conception de :  It's Personal (Gabinete Literario, Las Palmas GC, 2019), Biotopias (Gabinete Literario, Las Palmas GC, 2018), Arte y Participación Ciudadana (Las Palmas GC, 2016) et la coordination et la conception de World is Work, organisée par José María Durán (Kwadrat, Berlin, 2010). Leur intense activité s'étend à la didactique, où leur présence en tant que professeurs invités à la Washington State University ou dans les ateliers d'été PSJM-Workshop à l'Institut Cervantes de Berlin (2012-2015) et Gabinete Literario de Las Palmas GC (2018-2019) est pertinente.

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Cosmographie

FÉLICIE D'ESTIENNE D'ORVES
COSMOGRAPHIES

Du 7 novembre au 2 décembre 2017

Commissariat d’exposition : Yann Toma

Vernissage le 6 novembre 2017

Sorbonne Artgallery a le plaisir d'accueillir  l'exposition Cosmographies de FÉLICIE D'ESTIENNE D'ORVES, exposée du 7 novembre au 2 décembre 2017. 

« Arpenter le désert c’est faire l’expérience physique du rapport à l’horizon. Plus on avance, plus il recule. Celui d’Atacama et de Bonneville s’enrichissent d’un horizon nocturne qui offre à l’œil nu une image détaillée du cosmos, un ciel couvert de milliers d’objets célestes. La proximité apparente des points lumineux est trompeuse, certains objets célestes sont proches (quelques année-lumière) d’autres se situent à plusieurs milliers d’AL de la Terre. Le regard qui se livre à une lecture de cette voûte céleste, se dissout peu à peu dans les temporalités multiples des astres visibles.

 

C’est ce paradoxe que j’explore entre l’échelle euclidienne du désert et les modèles actuels de l’univers. Dans des installations de land art éphémères, j'utilise les vecteurs de lumière (pointeurs laser) pour mettre en évidence des perspectives, des connexions spatiales et temporelles entre des coordonnées célestes et géographiques. Sur des sites où l’horizon dégagé permet d’établir un équilibre visuel entre le plan du sol et celui du ciel. Le laser devient alors un outil pour diriger le regard sur des objets célestes dans la page blanche du désert.

 

Le laser, règle moderne des géomètres (étalon laser), est  un moyen de se positionner dans le cosmos. Cet outil de dessin à grande échelle me permet d’établir des relations spatiales suivant les sites avec la lumière comme interface. Le faisceau du laser dense et rectiligne, défie par sa portée la perception de l’espace et donne la sensation de «toucher» à distance.

 

Les actions répétées de la série «Cosmographies», relient le ciel et la terre par des combinaisons géométriques et architecturent des sculptures éphémères de lumière entre des objets proches et du ciel profond. À un instant et dans un lieu donné, les tracés de lumière rendent manifeste des relations de simultanéités entre le mouvement continu la Terre et celui du cosmos. La série de photographies souligne une suspension du temps entre ces deux immensités.

Félicie d’Estienne d’Orves, née à Athènes en 1979, vit et travaille à Paris.

Mêlant lumière, sculptures et nouvelles technologies, le travail de Félicie d’Estienne d’Orves interroge le processus de la vision et le conditionnement du regard. Ses installations font appel à une connaissance phénoménologique du réel, elles soulignent la perception du temps dans un mouvement continu. Depuis 2014, l’artiste concentre sa recherche sur l’espace astrophysique et l’étude des cycles de lumière naturelle.

En 2012, à l’occasion d’une commande de la Mairie de Londres elle réalise sa première installation de lasers «Geometry», une sculpture de miroirs motorisés qui projetait des dessins de géométries élémentaires dans le ciel de Londres. A la suite de ce projet, elle imagine de poursuivre ce projet dans le contexte plus radical du désert d’Atacama, en land art. Elle débute en 2014, une collaboration avec la musicienne de field recording Julie Rousse, autour du projet de land art à Atacama. Leur première réalisation «EXO» (Nuit Blanche de Paris - 2015), est une installation de laser qui lit le ciel comme une partition de musique. Elles associent la lumière de lasers projetés en direction de centaine d’objets célestes, étoiles, planètes, trous noirs, pulsars, GRB... à une composition électroacoustique de la musicienne*.

Félicie d’Estienne d’Orves collabore depuis 2011 avec l'astrophysicien Fabio Acero (laboratoire AIM, CEA/Saclay) sur des installations art-science comme Supernova (2011) et EXO (2015) qui permettent d’appréhender les distances et les échelles de temps de notre univers par le vecteur artistique. En 2016, ils développent la série Étalon lumière qui réintroduit l’idée de temps cosmique relatif aux rythmes naturels comme  système  de  référence.  Chaque  étalon  correspond  à  un  objet  du  système  solaire  et  suit  le  temps  que  la  lumière  met  à  parvenir  à  la  Terre  pour  chacun  d’eux.  Soit  ~  8  minutes pour le Soleil, 2 à 15 minutes pour Vénus, 3 à 22 minutes pour Mars, 4 heures à 4 heures 19 pour Neptune, etc.Le travail de Félicie d’Estienne d’Orves a été présenté au Centre Pompidou - Nuit Blanche - Le Centquatre / Nemo (Paris) - New Art Space / Sonic Acts (Amsterdam) - Watermans Arts Center (Londres) - OCAT (Shanghai) - ICAS (Dresde) - BIAN (Montréal) - Aram Art Museum (Goyang /Corée) etc.Le projet de série Cosmographies dans le désert d’Atacama a été réalisé grâce au soutien du CNC (DicrÉam), de l’Institut Français (PACA), de Diffusing Digital Art et de Seconde Nature.

 

*Le projet «EXO» sera présenté à la Friche Belle de Mai à Marseille le 19 mai 2018 (Diffusion: GMEM, Production: Seconde Nature, Bipolar).

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Power&

IAIN BAXTER& (&MAN)
POWER OF &

Du 3 octobre au 4 novembre 2017

Commissariat d’exposition : Yann Toma

Vernissage le 2 octobre 2017

Sorbonne Artgallery a le plaisir de vous présenter l'exposition Power of & de IAIN BAXTER& (&MAN), visible du 3 octobre au 4 novembre 2017.

L’histoire de Iain Baxter& se déroule en parallèle à celle de l’entreprise contemporaine, qui démarre pendant le boom économique des années 60, période d’épanouissement de l’entreprise américaine et de son expansion géographique et médiatique. Baxter& explique : 

« Un artiste dans cet environnement de marché dépend finalement de la charité de ceux qui, pour l’une ou l’autre des raisons psychosociales, souhaitent « soutenir » les arts (il faudrait y ajouter la motivation économique depuis que l’art fait l’objet d’une spéculation sauvage). Il est essentiel de libérer les artistes de ces contraintes et de s’appuyer sur les connaissances culturelles qu’ils possèdent pour mieux se fondre dans les mondes des affaires, de la politique et de l’éducation ». 

 

Créer une structure artistique calquée sur le modèle de l’entreprise contemporaine apparaît alors comme une solution adaptée. En faisant de l’art une entreprise, l’artiste acquiert le statut d’entrepreneur et s’accorde les mêmes prérogatives que celles de son homologue dans le monde économique, gagnant ainsi une marge d’action importante.

Dès 1966, Iain Baxter& met en place la N.E. Thing Company, entreprise et oeuvre à la fois. En 1969, le British Columbia Gazette, journal de notices officiel de Vancouver, incorpore la société dans ses registres, acte juridique qui inscrit littéralement le geste artistique dans le monde des affaires, et parallèlement, introduit le monde des affaires dans l’histoire de l’art. « Produire de l’information sensible » est le premier statut et l’objectif central de cette société pionnière, déterminée à effacer l’écart traditionnellement infranchissable entre l’esthétique et l’économique. Son activité se développera pendant une dizaine d’années, affirmant le terrain où surgiront par la suite des structures à la forme et à l’ambition similaire. Fournisseur d’informations sensibles de toute sorte, la N.E. Thing Company organisera également des expériences destinées à la générer : une expédition sur le cercle polaire, des services de consultation d’entreprise, ainsi que le lancement de ses succursales, le N.E. Photo Lab (laboratoire photographique) et le restaurant Eye Scream. 

 

Infiltrer le monde des entreprises exige la construction d’un dispositif qui soit non seulement crédible, mais aussi opératoire. La création de la compagnie établit le passage à l’acte, il faut par la suite la faire vivre. Tout ce qu’il y a prendre ou à apprendre du monde des affaires sera ainsi adapté au contexte (artistique) de son implantation : logo, papeterie officielle, tampons, slogans, affiches, badges, etc., l’art revendique son droit à être partout. « Art is all over », insiste Baxter&. L’année de son enregistrement officiel, la firme installe dans la National Gallery of Canada à Ottawa, un « corporate environnement » à se méprendre : des bureaux, des secrétaires affairées, le bureau du président et autres attirails du monde du travail composaient la structure, réalisant une transposition déroutante aussi bien pour l’oeil que pour l’esprit. Entrer dans cet espace c’était s’aventurer sur une brèche où l’art se mettait en face et tendait un miroir au monde des affaires. Cette brèche n’a pas cessé de s’élargir depuis.

Réinventer l’entreprise et s’inventer comme entreprise font partie de la « posture globale » prônée par &MAN tout au long de sa vie, qu’il envisage comme une recherche permanente de nouveaux moyens pour naviguer dans son environnement et pour construire des solutions adaptées pour habiter le monde. Et c’est justement là qu’il situe son terrain d’action, dans le paysage au sens le plus large : celui du monde réel et celui échafaudé par l’information, comprise comme le média-message formulé par Marshall McLuhan, dont la pensée se confond avec la vision de l’artiste.

Depuis plus de 50 ans, IAIN BAXTER& cherche à élargir et à remettre en question la définition de l'"art". Il vit actuellement à Windsor (Ontario, Canada) avec sa femme et collaboratrice Louise Chance Baxter&. Peintre, photographe, sculpteur, artiste des techniques mixtes, installationniste, réalisateur de films et de vidéos, interventionniste et artiste de la performance, il est un précurseur de l'art conceptuel au Canada. BAXTER& utilise son travail pour entreprendre un commentaire culturel et explorer l'art en tant qu'"information de sensibilité visuelle", son expression pour le mot art, qui souligne comment son travail a toujours été informé par Marshal McLuhan (philosophe canadien influent de la théorie des médias), à tel point que BAXTER& a été considéré comme le Marshall McLuhan des arts visuels au Canada. Les technologies de l'information, le paysage, l'art en tant que marchandise, l'environnement et les préoccupations écologiques sont des thèmes récurrents dans son travail. Ces thèmes prédominants dans l'œuvre de BAXTER& sont souvent abordés avec esprit, parodie, satire et jeux de mots.

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Timelapse

SUNG-HYUN YOO
TIME LAPSE

Du 30 mai au 1er juillet 2017

Commissariat d’exposition : Yann Toma

Vernissage le 29 mai 2017

Sorbonne Artgallery a le plaisir de vous présenter la série Time Lapse de SUNG-HYUN YOO, exposée du 30 mai au 1er juillet 2017.

La temporalité comme marque de l’absence

La teinte sépia des photographies, inspirée du daguerréotype, situe les paysages et les fragments dans une temporalité irréelle. Se succèdent alors une série d’images flash. Cette mise en scène d’un imaginaire passéiste interroge le spectateur sur la valeur du terrain que l’on nous donne à voir. Ces fragments photographiés, anodins, clandestins, parfois informes, se transforment ainsi, par la superposition des strates temporelles, en trésors mystérieux d’une richesse contenue. Ces vestiges d’un passé fictif et flou représentent le vide profond laissé par la division de la Corée, en chacun, et bien au-delà des frontières. Les photographies de Sung-Hyun Yoo explorent le passé délaissé de la Corée du Sud, qui bien que très traditionnelle, s’est tournée vers la modernité la plus technologique, comme pour ne pas regarder en arrière. Elles interrogent notre propre relation à ce qui fait sens lorsque la photographie devient fiction rétrospective.

Dépasser les divisions pour reconstruire

Au beau milieu du tumulte de la Corée contemporaine, Sung-Hyun Yoo gravit les montagnes et nous ouvre à une esthétique de la sérénité. Cette démarche du désengagement se comprend surtout dans un contexte de divisions : celle de l’artiste expatrié, celle d’un pays fractionné en deux. Cette esthétique révèle un souhait pour l’avenir de la Corée, celui de faire émerger une anticipation sereine et étendue des consciences au contact de l’énergie des pierres. Regarder son passé, l’accepter, se reconstruire.

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Le séjour de Sung-Hyun Yoo en Corée du Sud, en 2017, s’est déroulé dans le cadre du Master de Création Internartionale (Master in Arts and Vision - MAVI) de l’UFR04, Arts et Sciences de l’Art, de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ce master permet aux étudiants de partir à l’étranger, pendant un semestre, pour développer un projet de création artistique. Retrouver tous les projets sur le site du MAVI.

Né en 1976 à Séoul, Sung-Hyun Yoo vit et travaille à Paris depuis neuf ans. L’exploration de ces ruines, oubliées et difficilement accessibles, dans son pays natal, apparaît ainsi comme une quête des origines. Il ne s’agit pas uniquement de remonter le temps, mais d’évoquer les discontinuités entre présent, passé et futur. Cette montée à rebours, comme à la recherche du « principe premier » en métaphysique, symbolisée par l’ascension des montagnes où se trouvent les ruines, s’inscrit dans une recherche sur soi et dans la quête de ce qui est, en prenant appui sur ce qui n’est plus. Le travail de Sung-Hyun Yoo convoque ainsi l’idée d’un « au-delà » de la mémoire vive, là où on ne va plus, telle que suggérée par les hors-champs photographiques, et ouvre à de nouvelles images de pensées de la Corée contemporaine.

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Réfection

THAT'S PAINTING PRODUCTIONS
RÉFECTION

Du 19 avril au 15 mai 2017

Commissariat d’exposition : Yann Toma

Vernissage le 18 avril 2017

Sorbonne Artgallery a le plaisir d'accueillir l'exposition Réfection de THAT'S PAINTING PRODUCTIONS, exposée du 19 avril au 15 mai 2017.

L’entreprise de peinture en bâtiment THAT’S PAINTING Productions, établie aux Etats-Unis depuis 1989, a réalisé du 3 au 5 avril 2017 un travail de réfection des panneaux des cadres de la galerie, investis depuis janvier 2017 par l’initiative Sorbonne Artgallery qui propose chaque mois une nouvelle intervention artistique. La commande faite à THAT’S PAINTING s’insère dans la programmation d’entreprises-artistes qui interrogent les enjeux économiques et sociaux du rapport de notre société à l’art.

"L’espace très particulier de la Sorbonne Artgallery n’est pas vraiment le type d’espace que That’s Painting a l’habitude de rencontrer. Il n’y a pas de murs, seulement des panneaux rectangulaires de surface blanche dans des cadres métalliques. Lorsque Yann Toma m’a invité à y exposer, je voyais mal quel pouvait être l’intérêt de faire intervenir That’s Painting Productions, une entreprise de peinture en bâtiment, dans un tel contexte. Les panneaux de bois recouvert de mélamine, n’accepteraient pas la peinture, ou du moins, elle n’y tiendrait pas longtemps. Par contre, une observation plus poussée a révélé que ces panneaux étaient couverts de résidus d’adhésifs divers, scotch transparent, double-face, morceaux de posters déchirés, et avaient sérieusement besoin d’être nettoyés. L’intervention de That’s Painting Productions prenait alors tout son sens : effectuer une réfection soignée de la surface des panneaux.

En effet, depuis 1988, l’entreprise de peinture s’est chargée de proposer à ses clients, particuliers ou institutions, des services de peinture en bâtiment de qualité. Et la condition que je me suis imposée, lorsqu’on me propose d’exposer dans une galerie ou un musée, est de n’intervenir que pour répondre à un vrai besoin de peinture en bâtiment. Il me parait ridicule de venir poser une couche de peinture sur le mur d’une galerie ou d’une salle de musée simplement pour dire que That’s Painting a effectué le travail. Ceci irait à l’encontre de l’éthique de l’entreprise qui a opéré pendant près de trente ans comme une vraie entreprise de peinture en bâtiment, employant jusqu’à douze peintres professionnels, et servant ses clients d’abord à Houston, puis à Los Angeles." 

Bernard Brunon, sur son intervention à la Sorbonne Artgallery, avril 2017

Bernard Brunon a créé son entreprise de peinture en bâtiment en 1989 à Houston, Texas. La création de l’entreprise est le résultat d’un processus graduel de recherche pour  «peindre sans produire d’image». Formé dans l’atelier de Claude Viallat à l’Ecole des Beaux-Arts de Marseille, Bernard Brunon mène à l’extrême la  déconstruction du tableau entreprise par l’avant-garde Supports/Surfaces dans les années 1970.  Son travail d’atelier, une tentative de peindre en dehors des codes de représentation, l’a mené à la peinture en bâtiments :  il en vient  au constat que lorsqu’il repeint un mur, alors que les gestes, les outils et les matériaux sont les mêmes, le résultat est une peinture qui n’est pas un tableau. Cette peinture existe dans l’espace du réel, et non pas dans l’espace représentatif de la peinture. Bernard Brunon intègre, par sa pratique et son entreprise, l’art à la vie, en supprimant la frontière entre le figurant et le figuré.

 

L’organisation en entreprise efficiente est également une déconstruction du cliché de l’artiste romantique, opposé par l’imaginaire collectif à l’organisation capitaliste de l’entreprise. Après avoir travaillé plus ou moins seul au départ, Bernard Brunon a été amené à structurer l’activité de THAT’S PAINTING Productions. Il fonctionne comme toute entreprise de peinture en bâtiments, employant jusqu’à une douzaine de peintres en 2005. Que le client soit un particulier, un directeur de galerie ou un commissaire d’exposition, l’approche reste la même : THAT’S PAINTING Productions propose un travail soigné, à un prix abordable et dans des délais respectés. L’entreprise de Bernard Brunon questionne ainsi la relation de l’artiste, du spectateur et du marché de l’art à la valeur économique et symbolique des oeuvres produites.

Actuellement, l’entreprise envisage sa dissolution avec le départ en retraite de son fondateur Bernard Brunon: un conseil juridique sur les perpectives de perpétuation de l’activité artistique a été sollicité auprès des professeurs et des étudiants en droit de l’Université, et sera diffusé dans la galerie. 

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Travioles

JÉRÔME DUPIN
TRAVIOLES & APPROXIMATIONS

Du 6 au 29 mars 2017

Commissariat d’exposition : Yann Toma

Vernissage le 6 mars 2017

Sorbonne Artgallery a le plaisir de vous présenter l'exposition Travioles & Approximations de JÉRÔME DUPIN, exposée du 6 au 29 mars 2017.

« Danser dans les chaines »

Insérée, enchâssée dans les épais cadres baroques de la galerie, la peinture tente d’échapper à son encadrement. Intégrant les cadres massifs et statiques où se nichent ses œuvres, l’artiste questionne la relation de l’épanouissement de l’art à la contrainte. Si la tentation de « sortir du cadre », ou peut-être de s'y contenir ?,  est excitante - même camouflé le cadre serait toujours présent... Jérôme Dupin propose ainsi, de façon toute élémentaire, d’explorer les possibles d’une éventuelle liberté au sein du cadre. Si cette question s’exprime dans la peinture, elle reflète une réflexion plus large, que l'on retrouve également dans ses productions vidéos (Captchapoem, 2014).

A travers la peinture

Approximations, la peinture de Jérôme Dupin ne commande pas, ne répond pas. Elle propose, suggère, et peut-être inspire une autre vision du monde, légèrement décalée. Travioles, le bancal et l’instable sont des partis pris esthétiques et politiques. Les formes de cette série se meuvent sans repères, sans coordonnées. Elles peuvent désorienter le spectateur : qui serait, de ce fait, de traviole ? La peinture ou nous ? Recourant à des formes géométriques et à une couleur unique, Jérôme Dupin ne cherche pas le spectaculaire. La vertu de son art est de laisser de l’espace à la pensée.

 

TRAVIOLES ET APPROXIMATIONS       

 

            Un jour, il y a déjà quelques années, un personnage de premier plan du monde de l'art me disait, répondant à un dossier que je lui avais envoyé juste pour avoir la possibilité de le rencontrer, que cela l'étonnerait beaucoup que l'on puisse fonder une démarche de peintre à la fois sur le minimalisme américain et sur supports surfaces.

            Cette opinion m'intrigua dans un premier temps, puis m'incita finalement à m'engager dans la certitude, enfin presque, que tout était justement possible entre ces deux « mouvements », voire en dehors ou encore autour.

            Bien que très bien placé pour le savoir, ce personnage important ne pouvait qu'ignorer que je puisais les éléments de ma réflexion autant chez Duchamp que chez Matisse, sans oublier l'Actionnisme viennois ni Fluxus ni le Land art ni BMPT...

            Je crois que c'est à ce moment-là que j'ai compris que l'obsession disciplinaire des catégories était un handicap vraiment dommageable pour les artistes, particulièrement en France.

            Environ trente-cinq ans après cet épisode, je me rends compte aussi à quel point l'obsession du commentaire sur a construit une approche et une diffusion de l'art très particulières.

            Au fond, ces deux obsessions rapportent l'art, sa diffusion et sa réception à un simple mode culturel, dont on connait assez bien aujourd'hui le glissement progressif vers le divertissement.

            C'est ainsi, qu'à force de catégoriser, de disciplinariser et de commenter, on a probablement favorisé (au moins) deux sortes d'art. Celui d'un marché sans cesse plus spéculatif (merci Thatcher et Saatchi) et celui d'un « petit » marché, sinon un non-marché - condamnant les artistes soit à vivre comme des rock-stars soit à survivre chichement plutôt qu'à vivre vraiment de leur art.

            Personnellement, je n'ai pas à me plaindre. En effet, je ne m'intéresse ni au succès, ni au marché, ni à la survie.

            Ce qui me convoque à l'atelier, dans la mesure où j'aurais des idées pour faire quelques petites choses, c'est simplement ma vie.

            Je ne sais pas à quoi je sers. Ni à quoi servent mes productions.

            Tout ce que je sais, c'est que je ne fais quelque chose que lorsque cela s'impose, d'une façon ou d'une autre. Bien sûr, après toutes ces années à faire des choses, je peux comprendre à peu près ce que j'ai déployé, suivant un fil plus ou moins conducteur. Mais je suis persuadé que je n'ai rien programmé réellement. Pire, j'ai même toujours refusé de projeter quoi que ce soit. Par souci de liberté personnelle, sans doute.

            Liberté qui n'existe évidemment pas. Mais liberté que j'ai besoin de me figurerpour « suspendre » la réflexion, la théorie, l'histoire, la culture, pour faire, enfin, quelque chose. Pour exécuter un travail.

            Ainsi chaque séance à l'atelier demande une réelle mise en condition préalable. L'idée, c'est de ne jamais faire quelque chose à moitié ou à peu près. C'est une question de respect du temps. Celui qui m'est imparti. Au jour le jour comme à long terme. Et j'en manque, de temps.

            Pour moi, le travail artistique est à ce prix.

            Refuser le marché tel qu'il est devenu et refuser de crever la gueule ouverte pour l'art tel qu'il est devenu dans sa condition d'existence.

            On ne va quand-même pas vendre des œuvres comme de vulgaires boîtes de conserve, n'est-ce pas - ni se suicider parce qu'on n'est pas reconnu à sa juste valeur.

            Une autre possibilité, si on n'est pas content, reste bien sûr de faire autre chose que de l'art.

            Bien entendu, tout cela reste très approximatif et légèrement de traviole, comme il se doit.

 

Jérôme Dupin

Janvier 2017

Né en 1956, Jérôme Dupin fait ses études d’art à la Villa Arson à Nice puis devient directeur artistique dans plusieurs agences de publicité. En 1992, il quitte tout, son travail et Paris, pour se remettre à la peinture. Ses curiosités artistiques relèvent autant de l’héritage de Duchamp et de Matisse, de Hantaï, que dans celui de l’Actionnisme viennois, de Fluxus, du Land Art, de BMPT, de Supports/Surfaces… Son travail, exposé en France et à l'étranger, est répertorié dans des collections privées et publiques.  En parallèle de son activité d’artiste, il a été professeur des écoles supérieures d’art et est actuellement inspecteur à la direction générale de la création artistique du ministère de la culture et de la communication.

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DANA WYSE
JESUS HAD A SISTER PRODUCTIONS 1997-2017

Du 6 février au 4 mars 2017

Commissariat d'exposition : Yann Toma

Vernissage le 6 février 2017

Sorbonne Artgallery a le plaisir de vous présenter l'exposition célébrant les vingt ans de l'entreprise artiste Jesus Had A Sister Productions créée par Dana Wyse, du 6 février au 4 mars 2017.

L’exposition célèbre les vingt ans de l’entreprise artiste Jesus Had A Sister Productions, créée en 1997 par l’artiste canadienne Dana Wyse. L’exposition présente une sélection de dix-huit photographies de pilules, associées deux par deux. Plusieurs pilules sont également exposées dans leur emballage d’origine dans une vitrine de la galerie. L’exposition est organisée en collaboration avec l’Association Nationale France-Canada qui lui offrira au mois de février un prolongement dans ses murs.

Les pilules de Dana Wyse nous confrontent à nos désirs enfouis de réussite sociale et aux stereotypes normatifs de notre société. À travers l’entreprise artiste Jesus Had A Sister Productions, Dana Wyse a intégré ses œuvres-produits à nos réseaux commerciaux. Vendues à un prix abordable, ces solutions thérapeutiques peuvent être achetées, à grande échelle, aussi bien dans les boutiques de musées, que dans certains supermarchés ou sur internet. En incorporant ces produits artistiques à notre réalité économique quotidienne, elle brouille les conceptions traditionnelles qui instituent et sacralisent l’artiste et qui confèrent une valeur particulière à ses œuvres.

Née en 1965 à Vancouver, Canada, Dana Wyse mène une activité d’artiste et d’auteur. Reconnue internationalement, elle est exposée du Canada à l’Europe en passant par l’Amérique latine. Ses pilules et remèdes sont vendus dans les plus grands musées d’art contemporain. Elle a publié en 2007 aux éditions du Regard le bestseller How To Turn Your Addiction to Prescription Drugs into a Successful Art Career. Dana Wyse est intégrée à la dynamique de l’équipe de recherche Art&Flux (ACTE).

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