Gabrielle Wambaugh

GROTTES

Du 6 Juin au 31 Juillet 2018
Vernissage le 5 Juin à 19h
« Je suis sculptrice et je questionne les espaces déportés,
les espaces intermédiaires,
les espaces que l’on ne voit à première vue.
Dans ma pratique, j'assemble.
Je m’intéresse au feu, aux retraits, aux transformations.
L’utilisation de la céramique me permet tout cela,
J’explore ainsi des forces douces et tendues,
des gestes anciens,
des attitudes féminines »

Gabrielle Wamabaugh


"Une série de gestes qui consiste à arranger, à englober ce qui ne s’emboîte pas naturellement, à créer des zones de rapprochement entre ces points singuliers, à les mettre en évidence et à les relier, à les faire se réaliser ensemble, à les transformer en une nouvelle forme, qui les remplit sans les identifier. Alors quelque chose peut naître et s’élever, non pas par la réglementation, mais par l’ajout de matériaux non miscibles, non négociables.
Ce façonnage signifierait, en acceptant que le fonctionnement de la traduction se déroule par variation ou oscillation, qu’il émet des va-et-vient entre le savoir et le sentiment, entre la projection et le doute, qu’il induit de nouvelles élucidations grâce à la mise en place d’un ensemble de questions qui restent encore sans réponse. Questionner l’endroit où il touche, pointer et arriver à l’endroit de la jonction possible. Où un regard à construire et un sentiment à insinuer commenceraient.La plus simple des perceptions ne se forme-t-elle pas à partir du doute sur la chose perçue ou le désir de cette chose ? On désire et on ne pense pas à avoir peur car on laisse aller et on accepte de perdre le contrôle. Ce qui bouge, c’est la matière elle-même. Une forme est toujours entendue de la périphérie, c’est-à-dire de l’endroit où elle se déplace, impalpable, avec quoi elle flirte. Bouger, sculpter, c’est passer d’une forme à son contraire et c’est aussi au rythme, sauter d’un intervalle à l’autre, et prendre le pouls du rythme de l’air avec la substance. Une forme est alors appréhendée, engendrée en cette matière : une forme informe la matière elle-même ".


Extrait de EXPLOSANTE-FIXE, par Frank Smith, basé sur les échanges entre Frank et Gabrielle.

Gabrielle Wambaugh est une sculptrice, lauréate du prix Altadis en 2002, avec une première monographie publiée par acte sud, elle a remporté sa première commande publique en 2003 dans la ville de Daegu en Corée. En 2005 et 2006, elle est invitée à une résidence de recherche à la Manufacture Nationale de Sèvres, Cité de la céramique. En 2007, 2008 et 2014, c’est au centre international de céramique EKWC qu’elle pousse ses recherches en grès et questionne les "fusions". Lauréate de la bourse de recherche Norma Lipman en 2007, elle réside quelques années à Newcastle upon Tyne au Royaume-Uni et bénéficie d’une publication soutenue par le Arts Council of England, l’Université de Newcastle et l’Université de Sunderland "the power of losing control" ISBN 978-0-9557478-5-4. Le travail de Gabrielle Wambaugh a été exposé dans de nombreux musées, centres d’art et galeries privées en Europe, aux États-Unis et en Corée : Le Grand Hornu en Belgique, le Musée international de la céramique à Faenza, en Italie, ainsi qu’au Musée du Capitole à Rome et au Exposition "Porcelaine de Sèvres" au Palais Princier de Monaco. Une partie de sa recherche sculpturale est commercialisée par la Cité de la céramique, Manufacture de Sèvres suite à une nouvelle résidence de recherche sur le grès réalisée en 2010-2011. Son travail est représenté en France par la Galerie Eric Dupont à Paris.

 

En 2015, lauréate d’une commission publique de la ville de Vitry sur Seine, elle crée pour le plein air : "Merveilleuse Marie Madeleine dans les nuages", une sculpture entièrement réalisée en grès. http://www.wambaugh.us/prix.htm En 2017, elle a participé à Ceramix au Musée Bonnefanten de Maastricht, aux Pays-Bas, au Musée de Sèvres et à la Maison Rouge, Fondation Antoine de Galbert. Gabrielle Wambaugh travaille principalement avec la céramique mais élabore également des installations mélangeant céramique, craie et caoutchouc. En 2018 à la Galerie Municipale Jean Collet et à la Galerie Eric Dupont elle présentera des sculptures de ricochets, suggérées ou couvertes, de celles qui ne sont pas vues à première vue et qui s’ouvrent à plusieurs interprétations. Elle présente également de grands dessins muraux et des photographies à travers lesquels elle souligne le caractère ambigu de la sculpture et explore les notions de périphérie, de norme, de genre et de représentation. Un texte de Frank Smith retrace ces engagements.