
VÍNCULOS TERRITORIALES
KATHERINNE FIEDLER
ELENA POSOKHOVA
Exposition du 9 février au 28 février 2026
Un dialogue entre l'artiste Katherinne Fiedler et la curatrice Elena Posokhova
Sorbonne Artgallery présente une exposition qui porte son attention sur une nouvelle initiative curatoriale et artistique, fondée sur un dialogue ouvert initié à Paris entre Elena Posokhova et Katherinne Fiedler. Cette interaction, inscrite dans un processus de création introduit par une étude des connexions territoriales, vise à soutenir le développement des pratiques des artistes participantes et à établir des liens sensibles avec leurs territoires.
Le paysage n’est pas seulement envisagé comme un lieu géographique, un espace naturel ou culturel, mais aussi comme une « manière de percevoir ». Il devient un outil permettant de comprendre les racines de notre vision du monde et de notre identité, tout en révélant l’influence du contexte sur la création de nouvelles images. Cette présentation, fondée sur la recherche, propose une immersion où mémoire, matière et imagination se rencontrent, et où la créativité artistique se déploie comme un moyen de connaissance et de dialogue entre les territoires.
Les œuvres présentées par l’artiste Katherinne Fiedler, sous le commissariat d'exposition d'Elena Posokhova, dessinent des vecteurs pour une exploration approfondie du processus créatif, cherchant à montrer comment le code naturel-culturel interagit avec de nouvelles informations, comment notre identité territoriale façonne la perception des réalités émergentes et comment cette perception contribue à l’enchevêtrement complexe de nos actions dans le tissu de notre environnement.
À travers un discours sur la coexistence qui croise des enjeux écologiques, culturels, politiques et esthétiques, l’artiste et la curatrice se rencontrent au carrefour d’un nouveau territoire. Elles cherchent à unir leurs efforts dans son exploration tout en développant simultanément leurs pratiques individuelles.
Cette rencontre entre une artiste et une curatrice fait partie d'un projet collaboratif de studio à Paris, soutenant des artistes des territoires insulaires et côtiers tout en dialoguant avec des initiatives locales. Le travail de la commissaire avec le studio, intégré à sa thèse à l’Université Paris 1, à l’École doctorale d’arts plastiques et sciences de l'art, inclut des sessions de recherches curatoriales pour développer des projets artistiques et renforcer le lien au territoire via des expériences immersives.
«Le processus artistique, dans sa coévolution et son interaction avec différents champs, pratiques et idées, est au cœur de mon attention. Les connexions entre les contextes naturels et culturels de différents territoires côtiers et insulaires, à la fois liés et séparés par les mers, constituent mon champ d’action. Cet espace entre en résonance avec la pratique de l’artiste Katherinne Fiedler, dont l’imaginaire s’est façonné à travers son expérience de vie dans les zones côtières de Lima, au Pérou.
Dans son travail, elle réinterprète des fragments et des vestiges du paysage à travers la sculpture, la photographie et la vidéo, en les reliant aux caractéristiques sociales et culturelles du lieu. Ici, dans la géographie de la capitale française, ces directions convergent alors que nous traçons des chemins possibles entre des sites d’exploration significatifs, initiant une enquête artistique collaborative enrichie par de nouvelles formes de communication, de récits, de savoirs et de mémoires.
La cartographie trouve son point de départ dans le récit du catalogue de l’exposition de 2014 LA MER À PARIS. Il y a 45 millions d’années, qui fait référence à ce que les géologues appellent la « pierre de Paris », ou calcaire lutétien, formant les impressionnants corps architecturaux de la ville, admirés dans le monde entier. Extraite de carrières souterraines, cette matière témoigne de la présence d’une mer tropicale qui a laissé des vestiges fossilisés d’anciennes créatures marines dans les strates des murs de pierre, affirmant ainsi un lien profond avec la nature.
Le parcours artistique se poursuit à travers la poétique de la juxtaposition et le jeu entre matériaux naturels et mécaniques dans les œuvres de l’artiste : cuir, métal et pierre. Dans ce cadre de recherche,une analyse associative peut explorer les relations entre l’environnement et les interventions industrielles, en orientant l’attention vers les rivières et les systèmes hydrauliques de Paris en tant que territoires de mémoire et de tension écologique. À travers des conversations et des rencontres à Paris, cette ligne d’intérêt a commencé à émerger comme une orientation future et servira de point de départ à une recherche ultérieure de Katherinne, centrée sur le cas de la Bièvre — autrefois reliée à la Seine — à développer à travers de nouvelles œuvres lors d’une phase ultérieure.
Ainsi, l’observation et l’interprétation des symboles, traduites par le prisme artistique, permettent de rassembler des matériaux pour une œuvre à multiples couches, présentant le processus créatif comme une performance vivante, synchronisée avec le paysage. Les actes de recherche de terrain et de collaboration peuvent conduire à la mise en place d’un espace d’échange qui active l’imaginaire. Une intrigue émerge pour observer la continuité et les résultats du travail, suggérant que le développement d’un potentiel d’innovation devient possible, en particulier dans un environnement différent. Dans notre monde mobile, où nous passons fréquemment d’un lieu à un autre, de telles sessions de recherche collaborative in situ peuvent aider à trouver un point de stabilité et à former des communautés au sein desquelles partager des valeurs, renforcer le sentiment d’appartenance et approfondir le lien au lieu. »
Elena Posokhova, commissaire.
Artiste reconnue sur la scène internationale, Katherinne Fiedler a reçu de nombreuses distinctions,
parmi lesquelles la Bourse Leonardo pour créateurs et chercheurs en arts visuels de la Fondation BBVA (2023) et la CIFO Emerging Artist Grant (2017). Elle a participé à des résidences prestigieuses telles que Casa de Velázquez (Madrid), Flora Ars Natura (Bogotá), Bilbaoarte (Bilbao), Utopiana Pro Helvetia (Suisse) et LARA (Panama). Son travail est présent dans d’importantes collections publiques et privées internationales.
Elena Posokhova est commissaire d'exposition d'art contemporain, chef de projet basée à Paris, et ancienne commissaire résidente au centre culturel POUSH. Elle se spécialise dans les relations entre nature et culture dans la région méditerranéenne, développant le projet MARLANDS en collaboration avec des musées et des institutions telles que le musée ES Baluard, l'Université Ca'Foscari, le Spazju Kreattiv Malta National Centre for Creativity, et d'autres. Elle dirige également le programme Art et Science à l'Universitat Católica de València. Son travail se concentre sur le processus créatif à travers des projets collaboratifs avec des artistes, des scientifiques et le public. Elle vise à créer des espaces de co-création et de nouvelles œuvres, en analysant les facteurs qui influencent la créativité.