
Une histoire parallèle :
Photographie & IA
Brodbeck & De Barbuat
Commissariat d'exposition : Yann Toma
Exposition du 18 décembre 2023 au 20 janvier 2024
Brodbeck & de Barbuat propose un corpus d’images inventées venant recréer un ensemble de photographies symboliques de l’histoire de la photographie à travers un programme d’apprentissage automatique générant des images à partir de données textuelles.
Formé en 2005 et lauréat de la commande photographique nationale Image 3.0 en 2021, le duo d’artistes explore ici, grâce à sa maîtrise du médium photographique, le dialogue entre l’homme et la machine. Une histoire parallèle s’inscrit dans leur étude sur la photographie comme moyen de retranscrire et altérer le réel, soulignant la nécéssité de repenser perpétuellement notre relation aux images ainsi qu’aux nouvelles technologies. Brodbeck & de Barbuat est représenté par la galerie Papillon.




Dans « Une Histoire parallèle » Brodbeck & de Barbuat proposent un corpus d’images venant recréer une histoire de la photographie inventée à travers un programme d’apprentissage automatique générant des images à partir de données textuelles. Ce projet vient étudier l’émergence des outils de création utilisant l’intelligence artificielle et leur impact sur la Photographie et sa capacité à faire Histoire, soulignant la nécessité de repenser perpétuellement notre relation aux images ainsi qu’aux nouvelles technologies.




BRODBECK & DE BARBUAT forment un duo d'artistes utilisant principalement la photographie et la vidéo. Travaillant ensemble depuis 2005 à Paris, ils sont diplômés de l'École nationale supérieure de la Photographie, et ont été pensionnaires de l'Académie de France à Rome - Villa Médicis 2016-2017. Leurs œuvres couleur grand format interrogent la place et la nature de l'être humain dans son environnement, tout en questionnant fréquemment le langage et l'histoire propres à la Photographie.
Lauréats en 2020 de la commande photographique nationale Image 3.0 en partenariat avec les collections nationales du Jeu de Paume et du Cnap, ils ont reçu le Prix HSBC 2010 pour la photographie, le Prix Jeune création 2013, le prix Nestlé au festival Images Vevey 2010, et le Prix de la Bourse du talent 2009.
Leurs œuvres ont fait l'objet d'expositions personnelles au Fotomuseum Antwerpen, au Mep Maison européenne de la Photographie, à la Villa Médicis, à l'Académie française de Rome, à l'Institut français du Japon et à The Chimney, New-York ; et d'expositions collectives au Grand Palais, à la Kunsthalle de Munich, à l'Arsenale de Venise, aux Rencontres de la Photographie d'Arles, au Musée de la Photographie de Thessalonique et au Festival Images Vevey, entre autres.
Leurs œuvres figurent dans des collections privées et publiques, notamment au Centre national des arts plastiques, à la Bibliothèque nationale de France, au Fonds municipal d'Art contemporain, au Fotomuseum Antwerpen, au Museum of Photography Thessaloniki, au Pavillon populaire, à la collection HSBC pour la photographie, à la collection Nestlé, au Cicrp Marseille, etc.

Le ciel, la terre, et tout ce qu'ils renferment
Véronique Ellena
Commissariat de Emmanuelle De l'Écotais
Du 9 novembre au 11 décembre 2023
Pour Sorbonne Artgallery, dans le cadre de Photo Days 2023, Véronique Ellena propose une vision inédite du Vitrail du Millénaire de la Cathédrale de Strasbourg, qu’elle a créé en 2015, suite à l’obtention d’une commande de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Grand-Est. Cette œuvre a été réalisée en étroite collaboration avec le maître-verrier Pierre-Alain Parot, qui nous a quitté cette année.
Dans cette exposition, l’artiste nous fait découvrir une série d’images inédites colorées et mystérieuses. Les photographies présentées dans la Galerie Soufflot sont le résultat d’un patient travail de création, de collecte et de composition d’images.
Les photographies de nature ont fait l’objet de nombreuses campagnes de prises de vues : à Strasbourg, dans la Drome ou dans l’Ain, et même à Rome à la Villa Médicis, elles sont le résultat d’un travail de recherche et d’observation.



Quant aux portraits, il s’agit de visages de fidèles, d’habitants et d’amoureux de la Cathédrale, photographiés dans la chapelle Sainte Catherine. Tous ces portraits ont ensuite été inclus dans le visage du Christ de Memling, révélant ainsi par la lumière l’humanité du Christ.
Accompagnée par son équipe, Véronique Ellena a pu compter sur Boris Tissot pour le suivi artistique et Zabou Carrière pour le design graphique.
Avec le maitre-verrier et son atelier, les images ont été imprimées sur verre puis retravaillées à travers un processus innovant d’émail et plomb. Restituées quasiment en taille réelle, et visibles pour la première fois d’aussi près, les photographies des panneaux dévoilent les détails qui composent le vitrail et permettent de mieux en apprécier l’extrême raffinement et la richesse. L’ensemble des images est en étroit dialogue avec le lieu qui l'abrite, Sorbonne Artgallery. Comme dans la Cathédrale, l’espace légèrement sombre, permet un recueillement et une approche méditative. Les couleurs jaillissent et appellent les visiteurs à découvrir la subtilité des compositions et des détails.
Cette exposition prend aussi la forme d'un remerciement : elle a été conçue en hommage au maître-verrier Pierre-Alain Parot, disparu récemment. Elle vise à célébrer les prouesses que son savoir-faire savait atteindre, ainsi que la longue amitié et collaboration que Véronique Ellena entretenait avec lui.




Véronique Ellena, artiste plasticienne et photographe, est attentive à tout ce qui fait la poésie et la profondeur du quotidien. La beauté simple du monde qui nous entoure est au cœur de ses préoccupations. Son œuvre articule plusieurs questionnements : la place de l’homme dans la société, l’environnement et sa symbolique, le rapport à l’art et à la spiritualité. C’est ainsi, par exemple, qu’elle s’est aussi bien intéressée dans ses séries aux petits bonheurs du quotidien qu’aux natures mortes et aux sans-abris.
Formée à l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre à Bruxelles, dans l’atelier de photographie de Gilbert Fastenaekens elle reçoit plusieurs commandes publiques (Centre National des Arts Plastiques, Musée André Malraux au Havre) et expose en France et à l’étranger.
Lauréate du Prix de Rome et pensionnaire à la Villa Médicis en 2007, elle va vivre entre Paris et Rome pendant quelques années.
En 2015, elle crée le vitrail du Millénaire de la Cathédrale de Strasbourg et obtient le Prix de l’Intelligence de la main (Catégorie Dialogue) de la Fondation Bettencourt Schuller avec le maître-verrier Pierre-Alain Parot.
En 2018 son travail fait l’objet d’une rétrospective au Musée Réattu, à Arles.
En 2020 elle expose ses images in situ dans le prestigieux Parc Floral de Paris et en 2021 Le Hangar à Bruxelles lui consacre une grande exposition, « Vivre sa vie ».
En 2022, elle est invitée à participer à l’événement Campagne première puis elle retourne à la Villa Medicis pour l’exposition de la collection Florence et Damien Bachelot.
Ses œuvres se trouvent dans de nombreuses collections muséales – Centre Georges Pompidou, Fonds national d’Art contemporain, Frac Île-de-France – et privées – collection Florence & Damien Bachelot, collection Christian Lacroix.

Primordial
earth
Léonard Pongo
Commissariat d'exposition : Clémence Houdart
Du 26 Septembre au 4 Novembre 2023
Primordial Earth explore la diversité des paysages de la République Démocratique du Congo.
L’artiste Léonard Pongo nous propose une imagerie allégorique du pays. Imprégné d’un sentiment de beauté magique et de pouvoir mystique, le paysage devient à travers son regard un lieu de reconstruction de soi, et la terre, l’origine d’une conscience d’où émerge tradition, philosophie et conceptions de l’univers. Car pour lui, c’est de la pérégrination dans l’environnement et de l’expérience sensorielle qu’émerge une vision du monde, c’est en faisant corps avec le paysage, qu’il est possible d’envisager la vie.
En s’inspirant des traditions congolaises et des cultures kasaïennes, Primordial Earth présente le paysage comme un personnage doté d’une volonté et d’un pouvoir propres. Cette série photographique fonctionne comme un livre ouvert qui raconte une certaine histoire de l’humanité et de la planète, dont le centre se situe au Congo.




Primordial Earth a été présenté à la Biennale de Lubumbashi et aux Rencontres de Bamako où il a été récompensé par le “Prix de l’OIF”. En 2021, il bénéficie d’une exposition personnelle à Bozar Bruxelles. En 2022, il expose à la galerie 31 PROJECT lors de l’exposition « Je suis moi-même le soleil » sous le commissariat de Liz Gomis. La même année, le Mu.Zee à Oostende en Belgique lui consacre une exposition personnelle. Il figure aussi parmi les participants de la résidence Black Rock à Dakar (SN), fondée par Kehinde Wiley.




Né en 1988 en Belgique. Il vit et travaille entre Bruxelles, Belgique, et Kinshasa, Congo (RDC).
Artiste visuel, Léonard Pongo est photographe. Il considère la photographie comme un outil de réappropriation de sa culture congolaise et documente avec un projet comme Uncanny la vie quotidienne des grandes métropoles du Congo. Ce projet lui a valu plusieurs prix internationaux.
Il s’attache désormais à explorer la diversité des paysages du Congo et propose une imagerie allégorique du pays, imprégnée d’un sentiment de beauté magique et de pouvoir mystique. Ce travail au long cours se déploie avec une série intitulée Primordial Earth.
Le travail de Léonard Pongo a été publié dans le monde entier et présenté dans de nombreuses expositions, notamment à IncarNations au Bozar Center for Fine Arts de Bruxelles (2019), organisée par Kendell Geers et Sindika Dokolo, et la 3ème Biennale de photographie de Pékin au CAFA Art Museum. Il a été choisi comme l’un des 30 photographes émergents à suivre de PDN en 2016. Il est lauréat de la bourse Visura 2017, de la bourse Getty Reportage 2018 et a participé à la Joop Swart Masterclass 2018.
Primordial Earth, son dernier projet, a été présenté à la Biennale de Lubumbashi et aux Rencontres de Bamako où il a été récompensé par le “Prix de l’OIF”. En 2021, il bénéficie d’une exposition personnelle à Bozar Bruxelles. En 2022, il expose à la galerie 31 PROJECT lors de l’exposition « Je suis moi-même le soleil » sous le commissariat de Liz Gomis. La même année, le Mu.Zee à Oostende en Belgique lui consacre une exposition personnelle. Il figure aussi parmi les participants de la résidence Black Rock à Dakar (SN), fondée par Kehinde Wiley.
En 2023, il publie aux éditions Gost son premier catalogue monographique « The uncanny » et il participe à l’exposition « A world in common : contemporary african photography » à la Tate modern de Londres.

Terra
Veronica Mecchia
Commissariat d’exposition : Francesca Cominelli
Du 19 juin au 23 septembre 2023
À l’origine c’est Gaïa, la terre, terre mère. Aride, exploitée, appauvrie, elle continue de générer de la vie, une fleur. On s’immerge, par cette succession de photographies, dans le monde intime de Veronica Mecchia, qui se fait terre, eau, pierre, soleil, arbre. Son regard se pose, sans jugement, avec humilité, sur l’immensité de cette nature, qui l’observe et l’accueille. Ce sont des instants, autoportraits d’éternité, qui abritent le temps qui nous précède, qui nous suivra et qui nous laissent suspendus dans le seul instant qui compte : celui présent. C’est ici que tout devient un, les forces opposées se réconcilient, la majesté de la forêt, de ses piliers, se révèle.
Un morceau de terre,
Un tournesol,
Un rocher où chercher
L’illusion d’un abri
Un agave qui s’envole
Son destin, imperturbable
Un lac d’où re-émerger,
Un arbre auquel s’accrocher
Se lever à nouveau
Une ancienne thonaire
Ses colonnes sans chapiteaux, sans époque
Tendues vers le ciel
Les piliers deviennent des arbres
La forêt devient un temple.
Des mots lointains surgissent :
« La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers. »
Baudelaire




TERRA est une série de neuf autoportraits à travers lesquels on découvre le travail de la photographe Veronica Mecchia. Il s’agit avant tout d’un parcours personnel. Il y a 25 ans d’écart entre la première et la dernière photographie. Nous sommes face à une naissance, une découverte, la prise de conscience d’un rapport au monde qui passe par l’étonnement, l’inquiétude, la contemplation et l’acceptation.
TERRA est aussi un manifeste du travail de l’artiste et de sa relation avec la nature qu’elle partage avec nous et qu’elle nous invite à vivre nous-même. Veronica Mecchia nous dévoile la poésie du monde, nous enjoint à être face au monde, d’être avec le monde. Cette relation est faite d’instants, destinés à passer, toute en laissant des traces et des mots.
TERRA est un appel à l’urgence d’une relation intime avec la nature, ses arbres, ses pierres, ses fleurs, ses eaux, avec la terre, Gaïa.
Francesca Cominelli
28 mai 2023




Photographe italienne, née à Paris, Veronica Mecchia grandit à Milan où elle se forme simultanément à l’histoire de l’art ainsi qu’à la photographie auprès de Giuliana Traverso à la Galerie «Il Diaframma» de Milan. En 2003, elle revient à Paris où elle poursuit sa formation d’histoire de l’art avant de se consacrer entièrement à la photographie.
Sa filiation artistique avec le photographe Arno Rafael Minkkinen, dont elle a été l’élève en Italie (1997/1998), et qu’elle considère comme son mentor, se traduit par une propension impérieuse à entretenir un lien organique avec la nature.
Son travail photographique en noir & blanc explore la relation de l’homme à son environnement dans une version personnelle. À travers des choix artistiques affirmés (argentique, autoportrait, noir & blanc, nudité), elle imprime son état d’esprit et révèle une identité unique au caractère universel.
S’inscrivant dans l’éphémère avec poésie, comme absorbée par la beauté des choses ou des lieux qui l’émeuvent, Veronica Mecchia nous incite, par ses photographies, à suspendre le temps dans une douce contemplation et nous laisse le cœur léger, l’envie comme elle, d’habiter poétiquement le monde.
Présenté lors de nombreuses expositions personnelles et collectives, ses photographies et ses livres d’artiste sont présents dans des collections particulières en Italie, France, Belgique, Allemagne, Grèce, Etats-Unis, Suisse et Japon.
Son livre d’artiste “Fotografie” (Paris, mai 2016) ainsi que deux de ses photographies intègrent le fond “anti-Aufklärung 2019” et sont acquis par la Bibliothèque Kandinsky du Centre Georges Pompidou (Paris).
En juin et en septembre 2023, Remèdes galerie lui consacre, à Paris, une exposition personnelle intitulée Wild Flowers.

Nous sommes Lichen
Pascale Gadon Gonzalez
Commissariat d'exposition : Jean-Marie Dallet
Du 15 mai au 17 juin 2023
Les recherches de Pascale Gadon portent sur l’écologie, dans le sens de oikos logos, d’une science de l’habitat et des interactions des êtres vivants entre eux et avec leur milieu. Ce qui l'amène à poser son regard sur des mondes cachés. Car l’artiste considère, comme beaucoup de ses contemporains, que ce que nous percevons à l'échelle macroscopique devient autre chose à l'échelle des nanotechnologies, alors que nous le regardons pourtant d'un même œil. Quelles relations peut-on alors percevoir dans ce passage d'un monde à l'autre ? La dimension moléculaire nous amènerait selon Gadon à reconsidérer la notion d'individu. À l'origine de la vie végétale terrestre et de toute forme organique se trouverait dès lors un processus mutualiste : la symbiose.




Du microcosme au macrocosme, les lichens nous renvoient l'image d'un va-et-vient ontologique, « l'autre » est au cœur de ce qui fait vivre.
ISEA 2023 est un événement majeur de la scène mondiale de la création numérique, vise à renforcer le dialogue entre artistes, chercheurs, ingénieurs, designers, entrepreneurs des industries culturelles et créatives. Cette 28ème édition d’ISEA a pour thématique la symbiose. L’exposition de Pascale Gadon fait partie des événements satellites de cette année.




« Depuis 1995, j'utilise des procédés photographiques pour représenter de manière saisissante des lichens que je collecte en des séries toujours en développement. Le lichen est un être multiple, il n'a pas de centre, il résulte de l'association symbiotique de partenaires, généralement une algue et un champignon.
Le processus symbiotique des lichens expose simultanément deux niveaux d'organisation. Qu'est ce qui est "individu" chez celui-ci ? Processus invisible pour le néophyte mais qui génère cependant des variations de structures qui elles, sont perceptibles (fructification séparée du champignon : apothécie). Alors que la symbiose est complète et que les deux structures s’exposent de façon séparée sous l’œil du microscope, que la nature autorise chacun des deux individus à se reproduire séparément, elle ne présente qu’une vision unitaire. Dans ces conditions " l'un " a une identité complexe (multiple et une à la fois).
Alors peut-on considérer le lichen comme un entre-deux compris entre "identité et altérité", comme métaphore de l'interdépendance, comme révélateur d'un écosystème symbiotique ?
Ce nouveau paradigme m'a incité à voir autrement le vivant, à m'interroger sur les formes que peuvent prendre de tels écosystèmes. La symbiose est avant tout une rencontre, elle se réalise par une diversité biologique comme potentiel de nouveauté, c'est dans l'échange réciproque que se structure cette nouvelle forme du lichen. La microscopie électronique à balayage ou à transmission, nous permet d'apercevoir chez les lichens, la diversité des postures symbiotiques. En tant que photographe, j'ai voulu capturer ces images de contacts, d'aboutements, d'accolades, d'agencements, d'organisation à l'intérieur du lichen monde.
La symbiose engage des possibles qui ne sont pas prédéterminés, ni calculés. Comme le souligne Anna Lowenhaupt Tsing*, dans son livre Le champignon de la fin du monde, « les agencements sont des rassemblements toujours ouverts. Ils nous permettent de nous interroger sur des effets de communauté sans avoir à les assumer. [...] Les agencements ne mettent pas seulement ensemble des modes de vies ; ils en fabriquent. »
Pascale Gadon-Gonzalez

Commissariat d'exposition : Yann Toma
Du 17 avril au 13 mai 2023
« De la pierre, nous vous verrons marcher » est une restitution photographique de l’œuvre « À nos Grands-Pères ».
« À nos Grands-Pères » est une œuvre réalisée sur une période de trois mois de août à octobre 2021. Les matières premières utilisées sont des boites de conserves vides qui proviennent de la transmission de mon grand-père.
Ce dernier est décédé dans les années 90 et ces boîtes attendaient dans le grenier. Autrement, je retiens les échanges avec mon grand-père paternel et notre goût commun pour les longues balades dans les forêts. De longues balades m'ont inspiré ce motif du tas de feuilles, des entassements formés par le travail du vent. D'autre part, un héritage m'a été légué : des caisses de vieilles boîtes de conserve, non utilisées, appartenant à mon grand-père. Ayant plus de 30 ans d’âge, ces boîtes de conserves m’ont permises de créer une sculpture modulable.Telle la pierre devenant poussière, le tas de feuille est voué à se décomposer. Une des propriétés d'oxydation du fer blanc est le noircissement au cours du temps, donc cette œuvre est d'une certaine façon destinée à mourir symboliquement. À travers l'utilisation de ce métal, le temps de décomposition se prolonge et permet de rendre un dernier hommage à la mémoire de mes grands-pères disparus. Le tas de feuilles devient une forme de vanité entre le paysage et la nature morte, faisant écho à notre propre cycle. Une œuvre encore en vie. »
Pierre Duval


Restitution d’un travelling mémoriel, « De la pierre, nous vous verrons marcher » est un hommage silencieux tant aux grands-pères qu’à cette génération d’étudiants qui ne quitteront plus l’Université. L’œuvre, précédée du hall Saint Jacques qui porte les noms des étudiants morts pour la France, s’inscrit concrètement dans la dynamique d’architecture de Sorbonne Artgallery, faisant du passage un espace de mouvement et de transmission. Le long du corridor s’étire ainsi un tapis de feuilles de métal en neuf photographies qui se refusent à une contemplation statique au profit d’une réception par le déplacement, nécessaire pour en apprécier l’entièreté.
L’acte de marche s’accompagne de celui d’héritage. Chaque feuille, singulière dans le travail de ses torsions par la main de l’artiste, figure une individualité, métaphore en filigrane des jeunes gens qui nous ont précédés dans ce lieu historique. Ce cheminement de fer blanc forme, de fait, le feuillage d’un arbre généalogique à la temporalité figée par l’acte photographique. En effet, si la destruction par l’oxydation du métal est une caractéristique de l’œuvre originelle, la prise de vue photographique contrarie le cours du processus naturel. Cette interruption de l’œuvre par l’image est aussi définitive que le sont les noms gravés dans le marbre des plaques commémoratives. Le spectateur passe et les dépasse, poursuivant l’acte entravé de la vie fauchée.
En véritable dialogue avec le site, l’œuvre de Pierre Duval redonne forme et contenance à des identités fantômes, poursuivant par là sa démarche de travail qui s’articule autour de la persistance dans le phénomène de disparition des choses.
Amélie Boulin



Pierre DUVAL, né en 2000, est un artiste, curateur et scénographe. Il vit et travaille à Paris. Son approche poétique, du Still Life (« Encore en vie») s'inscrit dans notre présent instable et des questionnements sur l'extinction. Travaillant avec différents médiums, tels que la vidéo, le dessin, la performance, la sculpture, l’artiste l’aborde à travers la vanité, la nature morte et le paysage. Dans son travail, la mémoire personnelle et collective est symbolisée par l’utilisation de médiums ou d’objets du quotidien, avec une volonté de « destruction » dans le processus. Il transcrit des espaces où les œuvres peuvent dialoguer et débattre entre elles. Son œuvre reflète poétiquement le chaos auquel notre époque est confrontée, face à un passé complexe et un avenir baigné d’incertitude.


Horloge 1440 -
L'économie du temps libre
Hugo
Kriegel
Commissariat d'exposition : Yann Toma
Du 27 mars au 15 avril 2023
Dichotomie temps libre et temps de travail
S’il est parfois question de doutes face à la grandeur de ce projet et l’incertitude de le finir, il n’est en rien une perte de temps. Hugo Kriegel, en travaillant uniquement sur son temps libre, marque la dichotomie entre temps libre et temps de travail. Cette vision à l’échelle d’une vie est d’autant plus intéressante qu’elle incarne parfaitement la thématique de recherche de l’artiste. La notion de travail est ici intrinsèquement liée à l'idée de production et de rémunération. À l’inverse, le temps libre incarne pour tous le moment où il nous est permis d’agir à notre guise, pour notre bien-être, sans notion d’argent. Cependant la frontière entre temps libre et temps de travail n’est pas une séparation binaire et semble bien s’estomper au gré des interventions in situ de l’artiste. Hugo Kriegel questionne donc le dosage et le sens du temps accordé à notre vie, ce qui nous renvoie à notre propre aliénation au temps.




L’économie du temps libre
Le travail de Kriegel s’articule particulièrement sur la notion d’économie du temps libre selon deux axes principaux : il y a toujours des frais derrière le temps libre et il ne peut y avoir de dépense de temps inutile car la valeur de l’effort n’est jamais vaine.
S’il n’est pas question de rémunération dans le temps libre, ce travail artistique met en contraste une dimension humaniste, en marge du cadre légal qui régit la cité. Grâce à la participation active des passants ou de participants à l'œuvre d'art (hébergement, soutien moral et financier, propositions de lieux, ...), Kriegel met en avant l'idée d’«esthétique relationnelle » de Bourriaud selon laquelle l'art ne doit pas être simplement une expérience visuelle ou esthétique mais plutôt une expérience sociale qui engage directement le participant. Ainsi en mutualisant les efforts de chacun dans ce projet, l’artiste produit un véritable système qui engendre une valeur, une symbolique humaine.
Toutefois la philosophie du projet se heurte parfois à la dureté des arrestations, entraînant alors les véritables dépenses exceptionnelles que sont la perte pécuniaire résultant des amendes et, surtout, la perte de précieuses minutes transformées en heures.
Le Temps est une énergie, une ressource en constante disparition et non récupérable. Nous en conservons avant tout le souvenir, ce qui implique que ce temps constitue un élément fondamental de notre expérience de vie. Il est donc important de le dépenser de manière significative. Ainsi, l’économie du temps libre, telle que vécue et proposée par Kriegel, incite le spectateur à dépenser le temps du mieux possible, lui instillant ainsi une valeur précieuse que l’artiste tente d’immortaliser au travers de son projet colossal et inspirant : Horloge 1440.
Artiste plasticien
Vit et travaille à Paris.
Diplômé en 2011 de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts et de Paris 1 Sorbonne, il articule une série de travaux autour de 3 thèmes Temps, Argent, Valeur. La question du Travail relative à ces 3 notions constitue le cœur du travail de l’artiste.
Résident prolongé de lieux tels que New York, La Réunion, Séoul, il a ainsi nourri sa réflexion par la confrontation à diverses cultures et notamment leurs relations au Temps.
La synthèse de cette recherche est par définition inachevable, la notion de loisir hypothétique et le recours au travail subjectif, il reste encore à Hugo Kriegel de nombreux fuseaux horaires à enjamber.
Documentaire sur le projet de l'Horloge 1440 de l'artiste Hugo Kriegel.
Trajectoire 1440 - film en cours de création
https://vimeo.com/379595604/80e7daebfa
Réalisation et image : Samuel Fleury et Hugo Kriegel
Montage : Samuel Fleury

Guernica Ukraine
Jean-Pierre Raynaud
Commissariat d'exposition : Yann Toma
Du 24 février au 24 avril 2023
« La peinture est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi. »
Pablo Picasso
Sorbonne Artgallery (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), et les Éditions Jannink, entendent marquer les esprits en accueillant une œuvre majeure dans la cour d’honneur du Centre Panthéon par le dévoilement d’une œuvre inédite, version moderne du Guernica de Picasso que l’artiste Jean Pierre Raynaud remettra le vendredi 24 février 2023 à S.E. l’Ambassadeur d’Ukraine.
En soutien à l’effort de guerre, l’artiste conceptuel français Jean Pierre Raynaud répond à la proposition des éditions Jannink de faire don au peuple ukrainien d’une œuvre inédite, pendant moderne du Guernica de Picasso.
La pièce sera dévoilée à la Sorbonne le 24 février 2023 puis exposée dans le musée choisi par les autorités ukrainiennes le jour venu.
Près d’un an après le début de l’invasion russe, Jean Pierre Raynaud, les éditions Jannink, Sorbonne Artgallery et tous ceux qui les accompagnent, entendent rejoindre la coalition des artistes qui se font l’écho de ce conflit dans le monde entier. L’art, plus que tout, peut encourager le soulèvement d’une puissance collective et le refus de toute résignation.
Cette initiative fait écho à l’appel du Président Volodymyr Zelensky, prononcé à la Biennale de Venise en avril 2022, dans lequel il exhortait les acteurs européens et internationaux de la culture et de l’art à soutenir l’Ukraine.




Le dévoilement de cette œuvre inédite aura lieu le 24 février 2023 dans la cour d’honneur du Centre Panthéon de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, temple de la connaissance et de la jeunesse européenne, en présence de S.E. l’ambassadeur Vadym Omelchenko, Christine Neau-Leduc, la présidente de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, ainsi que l’artiste lui-même.
Guernica, réalisée en 1937, est le symbole universel de la dénonciation par l’art des horreurs de la guerre. Avec cette toile de plus de sept mètres de long, Picasso a non seulement rendu un hommage vibrant aux victimes, mais a surtout fait du monde entier le témoin des exactions nazies.
Jean Pierre Raynaud reprend aujourd’hui les dimensions exactes (3,49 m x 7,76 m) de cette toile emblématique afin d’en réaliser la version moderne selon ses propres codes esthétiques.
Très lié au Nouveau Réalisme français, Jean Pierre Raynaud s’inscrit parfaitement dans la démarche initiée par Picasso près d’un siècle auparavant. Glaciale et distante, son œuvre fait état des absurdités de notre rapport au monde en présentant le drame avec une distanciation presque chirurgicale. Rien n’est exprimé, tout est montré.




Jean-Pierre Raynaud, un artiste contemporain français de renom, est largement salué pour sa contribution à la sculpture, à la peinture et à l'installation artistique. Son œuvre emblématique, "Le Carré blanc sur fond blanc", se distingue par la simplicité captivante de ses cubes blancs, qui transcendent la forme pour évoquer la pureté et l'exploration du vide conceptuel. Raynaud cultive une fascination constante pour la couleur blanche, un symbole de neutralité et d'universalité. Ses créations architecturales, en particulier "La Maison", sont des jalons dans l'art conceptuel. Ancré dans le conceptualisme et le minimalisme, son travail déconstruit les conventions artistiques traditionnelles au profit de la réflexion conceptuelle. Les performances et les événements artistiques de Raynaud ajoutent une dimension immersive à son répertoire. Son impact sur l'art contemporain, tant en France qu'à l'étranger, réside dans sa capacité à interroger et à réinventer les fondements de l'art à travers les décennies.
Cette initiative bénéficie de l’aimable autorisation de Picasso administration et du soutien de :
Christine Neau-Leduc, présidente de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Yann Toma, en charge de Sorbonne Artgallery/CVEC
Cécile Debray, présidente du musée Picasso
La Reina Sofia
Institut Ramon Llull - Paris
S.E. Michal Fleischmann, ambassadeur de la République Tchèque
Mathieu Fournet, conseiller en charge des affaires européennes et internationales au ministère de la Culture
Philippe Chancel
Les sociétés Metropole, Marin Beaux-Arts, Graphius, Fedrigoni, a.p.r.e.s production et Frédéric Claudel Photogravure
Les éditions Jannink

Une souris verte
qui ne court plus
du tout dans l'herbe
Pierre Petit
Commissariat d'exposition : Isabelle de Maison Rouge
Exposition du 7 février au 24 mars 2023
Origine du rébus
Au cours de mes différents voyages à l’étranger et particulièrement en Chine peu de gens parlaient l’anglais et encore moins le français. Aussi pour m’exprimer j’utilisais de façon systématique le dessin. Le dessin, qui devenait image, remplaçait les mots et faisait disparaitre les barrières de la langue, ainsi un langage universel se substituait à la langue du pays. Suite à cette expérience, quand je réalise mes carnets de voyage je prends des notes écrites mais je constate qu’au cours de cette action les images se substituent aux mots, alors je réalise le dessin. Il n’y a pas rupture, l’histoire continue.
Pierre Petit


Aujourd'hui après hier
Dans mon travail, les souvenirs les plus divers se mêlent, l’authentique avec l’agréable, l’imaginaire avec le réel. C’est un voyage où le conscient navigue avec l’inconscient pour tisser au point de croix le quotidien. Stop me dit mon fils, ne parle plus je traduis. En fait je parle comme je travaille et je travaille comme je parle, sans compter, dans une luxuriance d’activité. Les poubelles qui bâillent au soleil de midi toutes pleines de bonnes choses à cueillir pour celui qui sait, comme l’écrit Queneau dans Courir les rues, composent mon quotidien. Les souvenirs confortables vivent avec les souvenirs détestables pour former un univers où les règles déroutent la raison. Dans mon travail, je ne me livre pas à un exercice intellectuel, c’est un jeu d’association d’images, un télescopage d’idées qui anéantit toute censure pour mettre en évidence et investir le rêve. Un rêve éveiller où s’accomplissent les désirs, j’invente un monde où l’impossible devient possible ainsi se tisse la toile de mon travail, c’est ainsi que la narration se développe. J’éparpille les histoires, je tisse un réseau dense où l’on distingue le récit, les événements sans importance apparente, ce qui semble ne rien valoir se déploie pour façonner un espace poétique. Comme le poète, je regarde le monde avec une loupe, lui donne une perspective et lui confère une aventure. Je récupère les moments les plus importants de ce monde, je les assemble jusqu’au moment où l’univers objectif devient poésie. L’identifiable devient une énigme ; Cette énigme est constituée par le choix des formes, des matériaux, des objets, de la technique et des codes, mais elle résiste à l’analyse conventionnelle. Ce travail est mené comme un jeu, mais pas un jeu gratuit, j’entretiens le décalage entre la réalité et le rêve, le raisonnable et le déraisonnable. Les systèmes s’opposent pour construire une poésie souple qui m’écarte de l’enfermement et me conduit au prochain voyage.
Pierre Petit



Artiste plasticien proche du mouvement fluxus, Pierre Petit situe sa démarche dans le dialogue entre les objets. Depuis les années quatre-vingt son travail s’appuie sur les objets issus de la mondialisation, dont il examine l’effet de de la dispersion et de l’anonymat, il parle à ce sujet d’Objet globe. Cet objet lui sert de médium pour confectionner des récits symboliques, parfois ironiques, souvent politiques. Ils s’enchevêtrent et rebondissent entre eux. Comme le spectateur est contraint de zapper d’une image à l’autre, il va voyager vers un monde dont il devient le conteur, en inventant à son tour des histoires. En détournant des objets et des signes qui appartiennent à la mémoire collective, en les utilisant pour repenser, fouiller l’Histoire, celle des êtres humains et l’histoire de l’art, Pierre Petit nous propose un chemin vers une mémoire recomposée, qui saisit les représentations de la modernité à partir de leur multiplicité.

La découverte
du monde,
Jeunes et tourisme
Prix IREST 2022
Commissariat d'exposition : Yann Toma
Du 27 janvier au 4 février 2023
L'objectif de ce concours est de promouvoir la photographie comme support pour favoriser la connaissance et la réflexion autour des enjeux liés au tourisme.
Finalistes
Prix IREST : Antoine Versluys
Prix Étudiant : Sudip Maiti
Montserrat Crivilliers,
Magali Decome,
Léo Delay,
Sébastien Lavallee,
Veronica Mechta,
Yona Puccini
et Marine Vileo.




Le concours photo a donné lieu à la remise d'un prix et à une exposition des lauréats, présentée à Sorbonne Artgallery de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne à l'occasion de la cérémonie de remise des diplômes aux étudiants de l'IREST, le 27 janvier 2023.



