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Conférences IHEST 

Séminaire de recherche théorique : Arts, Sciences et Technologies

Sous la direction de Yann Toma

Les mardis de 18h à 20h, du 16 septembre au 16 décembre 2025

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Amphithéâtre OURY - Centre Sorbonne

14 rue Cujas

75005 Paris

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Alain Becoulet

9 décembre 2025

Etat actuel et avancées en fusion nucléaire

 

La fusion nucléaire, processus à l’œuvre dans le cœur des étoiles, consiste à fusionner des noyaux légers, comme ceux du deutérium et du tritium, pour produire une énergie considérable, sans émissions de CO₂ ni déchets radioactifs à longue durée de vie. Elle représente une promesse majeure pour un avenir énergétique durable. Aujourd’hui, la recherche mondiale en fusion est structurée autour de deux grandes approches : le confinement magnétique, avec en tête le projet international ITER à Cadarache, et le confinement inertiel, illustré par les récents succès du National Ignition Facility (NIF) aux États-Unis, qui a franchi le seuil de l’ignition en 2022. ITER, en construction, vise à démontrer la faisabilité scientifique et technologique d’un réacteur à fusion produisant dix fois plus d’énergie qu’il n’en consomme. Les avancées récentes incluent l’achèvement de composants majeurs comme les aimants supraconducteurs, la chambre à vide et les systèmes de chauffage. Le premier plasma est prévu pour le début de la décennie prochaine. Parallèlement, des initiatives privées se multiplient, avec plus de 40 start-ups dans le monde explorant des concepts alternatifs, souvent plus compacts et rapides à développer. Certaines, comme Commonwealth Fusion Systems ou TAE Technologies, attirent des investissements massifs et promettent des démonstrateurs dès les années 2030.

Les défis restent nombreux : maîtrise des matériaux face aux flux de neutrons, gestion du tritium et intégration industrielle. Mais les progrès sont rapides, portés par une synergie entre recherche publique, innovation privée et volonté politique. La fusion nucléaire n’est plus un rêve lointain : elle entre dans une phase de concrétisation, avec l’ambition de devenir une composante clé du mix énergétique mondial d’ici le milieu du siècle.

 

Alain Bécoulet est actuellement Directeur Général Adjoint et Directeur Scientifique de l’ITER Organization. Il a la charge du Département de Science et Intégration. De 2011 à 2020, il a été Directeur de l’Institut de Recherche sur la Fusion Magnétique (CEA/IRFM), à la tête d’une équipe de 300 collaborateurs. Alain Bécoulet est cofondateur du Centre sino-français pour l’énergie de fusion (SIFFER) et a occupé le poste de Directeur Adjoint du Centre international chinois de coopération pour l’énergie de fusion. Fort de 38 années d’expérience dans le domaine de la fusion, il est membre de l’Académie des technologies de France. Il a été fait Chevalier de l’Ordre National du Mérite et a reçu le Prix de la coopération scientifique et technique internationale de la République Populaire de Chine. Il est auditeur de l’IHEST (promotion Elinor Ostrom) et membre de son Conseil d’Orientation.

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Lucile Delmas

2 décembre 2025

Comment définir la santé des océans ? 

 

L’Ifremer est l’institut français de recherche entièrement dédié à la connaissance de l’océan. Il est implanté en métropole et en outre-mer et a en gestion la Flotte Océanographique Française. De par cette place sur le milieu matin, l’Ifremer a accompagné pendant plus de 10 ans les travaux scientifiques et techniques de la Directive-cadre Stratégie pour le Milieu marin (la Directive européenne qui consiste à évaluer l’état de santé des mers/océans). Durant ces années, scientifiques et services de l’État ont fait face à de nombreuses questions : comment définir le « bon état écologique » ? Comment le mesurer ? Comment le qualifier ? 

En quelques années, nous sommes passés d’une évaluation basée sur la bibliographie à près de 70 indicateurs environnementaux calculés, toutes thématiques confondues. Mais comment savoir si un indicateur est pertinent ? Qu’entend-on par pertinent ? efficace ? opérationnel ? Plusieurs regards se croisent alors. 

 

Lucile DELMAS est Directrice-adjointe du Département Océanographie et dynamique des écosystèmes de l’Ifremer. Après un diplôme d’ingénieur en agronomie, elle a exercé 5 ans en développement local, dans les secteurs du monde agricole et de la pêche. Un pas de côté l’amène à travailler 10 ans en milieu social et médico-social, dans le champ de la grande précarité et du handicap. Elle entre à l’Ifremer en 2018 pour coordonner la mise en œuvre d’une directive européenne visant la bonne santé du milieu marin. Lucile Delmas a été auditrice de l’IHEST en 2024, promotion Hubert Reeves.

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Catherine Véglio-Boileau
et Patrick Caron

26 novembre 2025

Récit de fiction - Parole scientifique

Un dialogue sur nos futurs alimentaires et migratoires

 

Dans son roman « Des vies sans refuge » (Sérendip’Éditions, 2024), Catherine Véglio fait partager au lecteur le destin de migrants pris au piège des machinations d’une multinationale dans un monde bouleversé par les crises climatiques et alimentaires. Pour Patrick Caron, auteur de la préface, ce récit d’anticipation, dans lequel ordre réel et fiction entrent en correspondance, est « une allégorie du monde actuel qui se projette dans un avenir, à la manière de Soleil Vert », le film de Richard Fleischer. 

Qu’apporte le recours à l’imaginaire, à l’écriture romanesque, par rapport aux productions de la recherche académique ? Que peut-il naître de la rencontre entre science et littérature? Dans une époque d’incertitude radicale, que peuvent-elles raconter ensemble sur des questions qui traversent nos sociétés, en l’occurrence la sécurité alimentaire, la condition migrante ? Leur dialogue permettrait-il une projection plus concrète sur ces enjeux, voire une anticipation des ruptures de long terme ?

 

Patrick CARON est co-président d’Agropolis International, vice-président de l’Université de Montpellier pour les relations internationales, directeur international de l’initiative « Montpellier Université d’Excellence » (MUSE) et directeur du Montpellier Advanced Knowledge Institute on Transitions (MAK’IT). Il a été président du groupe d’experts de haut niveau du Comité des Nations Unies sur la sécurité alimentaire mondiale (CSA) de 2015 à 2019. Chercheur au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) depuis 1988, il est également docteur vétérinaire, docteur et titulaire d’une habilitation à diriger les recherches en géographie, auditeur de l’IHEST promotion Léonard de Vinci 2012-2013, délégué de l’IHEST Occitanie.

 

Catherine VÉGLIO-BOILEAU est conseil éditorial et auteure. Elle a été chargée de l’activité territoriale de l’IHEST et responsable du pôle programmation du cycle national de formation de l’institut. Elle a travaillé près de vingt ans sur les questions européennes pour la presse agricole, le quotidien La Tribune puis pour  le think tank Confrontations Europe et la Maison de l’Europe de Paris. Diplômée de Sciences Po Paris et en droit, elle a débuté en presse régionale et collaboré à divers titres de la presse économique nationale. « Des vies sans refuge » est son deuxième roman après « La fête carnivore » (Lemieux Éditeur, 2017).

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Clémentine Cailleteau-Crucy

25 novembre 2025

Dans le labyrinthe de l’eau : comprendre, décider, agir.

 

L’eau est à la fois une ressource vitale et un enjeu stratégique pour nos sociétés. Entre sécheresses, inondations, pollutions émergentes et besoins croissants, sa gestion s’apparente à un véritable labyrinthe, où se croisent acteurs locaux, nationaux et européens.

Cette conférence propose un voyage interactif au cœur de ce défi : comprendre les cycles de l’eau, cartographier les risques, décrypter les jeux d’acteurs, explorer les innovations et s’exercer aux arbitrages entre usages parfois contradictoires.

Un objectif : montrer que chaque goutte compte, et que la mobilisation de tous — élus, techniciens, citoyens — est indispensable pour construire une gouvernance de l’eau à la hauteur des enjeux du XXIe  siècle.

 

Clémentine Cailleteau-Crucy est docteure en sciences de la vie et de la santé, professeure en lycée professionnel, maire de Mardié (Loiret), déléguée eau potable, préservation des ressources et défense incendie pour Orléans Métropole, élue à l’Agence de l’eau Loire Bretagne, déléguée départementale.

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Jean-Christophe Olivo-Manin

18 novembre 2025

Des cellules et des chiffres

 

L’analyse d’images est une discipline scientifique multidisciplinaire qui s’appuie sur les mathématiques, le traitement du signal et la physique, et dont l’objectif est d’extraire des données quantitatives à partir de l’information visuelle contenue dans les images grâce à des méthodes robustes de quantification et de modélisation. Elle est devenue indispensable, en association avec l’imagerie haute résolution, pour étudier en détail la complexité des processus biologiques et approfondir les connaissances mécanistiques du vivant. Ainsi, la microbiologie, la biologie cellulaire, la médecine moléculaire, la protéomique et la génomique fonctionnelle dépendent fortement de l’imagerie quantitative pour comprendre les mécanismes cellulaires physiologiques et pathologiques.

Mon laboratoire a développé des algorithmes innovants en vision par ordinateur, imagerie mathématique et biophysique computationnelle, permettant des avancées majeures dans l’étude de la dynamique cellulaire, de la mécanobiologie et de la pathologie numérique. Ces outils ont transformé la manière dont la motilité cellulaire et les propriétés biomécaniques des cellules sont analysées, et ouvrent de nouvelles perspectives pour la recherche biomédicale pour le suivi en temps réel de virus et de parasites, l’analyse des mouvements et des formes en microscopie tridimensionnelle, ainsi que l’analyse du comportement animal. L’intégration de l’intelligence artificielle à ces outils améliore encore leurs performances, offrant à la communauté scientifique des outils robustes pour analyser et interpréter des phénomènes biologiques complexes. Pour faciliter la diffusion et l’accès des chercheurs biomédicaux à ces méthodes avancées, nous avons développé la plateforme logicielle Icy (icy.bioimageanalysis.org) qui est open-source et gratuite, et intègre, entre autres, plusieurs modules d’apprentissage profond et d’analyse de statistiques spatiales.

 

Jean-Christophe Olivo-Marin est le chef de l’unité d’Analyse d’Images Biologiques et le directeur de l’institut Carnot Pasteur Microbes et Santé. Il a été le directeur du département de Biologie Cellulaire et Infection, le directeur de la Technologie et du Centre d’Innovation et Recherche Technologique de l’Institut Pasteur et un des membres fondateurs de l’Institut Pasteur de Corée dont il a été le premier directeur de la Technologie. Auparavant, il avait été chercheur au Laboratoire Européen de Biologie Moléculaire (EMBL, Heidelberg). Il a obtenu sa thèse de doctorat et l’HDR à l’Institut d’Optique Théorique et Appliquée, Université Paris-Orsay et est diplômé de l’institut de Formation Supérieure Biomédicale (IFSBM). Il est Fellow de l’IEEE, de l’SPIE, de l’OPTICA et de l’AAIA, et ancien auditeur de l’Institut des Hautes Études pour la Science et la Technologie (IHEST), promotion Michel Serres. Il a reçu le Distinguished Service Award de l’IEEE Engineering in Biology and Medicine Society et le Prix Thérèse Lebrasseur de la Fondation de France. Ses intérêts scientifiques sont principalement les approches mathématiques et d’apprentissage pour l’analyse d’images biologiques, la vision par ordinateur et la biophysique de la dynamique cellulaire.

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Anne Jacquelin

4 novembre 2025

Les partenariats de recherche avec la société civile, un levier pour une transformation durable ?

 

Cette intervention permettra aux auditeurs et aux étudiants de mieux comprendre les cadres et les dynamiques de collaboration entre les sciences et la société. En balayant rapidement son histoire, sa nature, les types de contractualisation comme de financements, ils pourront comprendre les leviers et freins de ces liens.  Il s’agira aussi, par le biais de leurs projets communs, de distinguer les conditions d’existence propres aux institutions de recherche de celles des acteurs hétérogènes communément rassemblés sous le terme de société civile. Ce faisant, nous comprendrons les lieux communs et lieux de frictions liés à leurs trajectoires propres. L’intervenante proposera quelques perspectives pour une évolution de ces liens dans une perspective de développement durable.

 

Docteure en sociologie du travail et des organisations, Anne Jacquelin est directrice de la recherche et développement chez R&Dy. Elle accompagne des projets en utilisant des méthodes participatives issues de la recherche-action qui visent à co-construire un projet avec ses parties prenantes. Elle dirige également des missions d’évaluation et des études prospectives collaboratives. Elle est consultante depuis 15 ans pour le monde industriel et des services sur des questions de santé, de management et d’organisation. Ses travaux de recherche portent sur l’implication des parties prenantes dans des partenariats sciences et société dans un secteur, une filière. Elle mène actuellement ses recherches avec le Laboratoire d’Évaluation des Politiques Publiques et des innovations (Leppi) et HC-Ecrac, plus spécifiquement sur les questions d’enfance, de capital social, d’aide sociale à l’enfance et de handicap. Elle est également co-présidente du réseau Alliss, réseau de consolidation du dialogue sciences et sociétés. Elle enseigne le management, l’innovation et les ressources humaines dans des écoles, universités mais aussi pour le monde professionnel.

Jacquelin Anne (2019), « Penser l’organisation du travail pour une recherche action participative. Éléments pour une approche transdisciplinaire », in Bernard (dir.) L’interdisciplinarité au travail. Du travail interdisciplinaire à la transformation du travail. Presses de l’Université Nanterre.

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Sébastien Jaffrot

21 octobre​ 2025

Transition, des ressources fossiles aux ressources minérales. L’inventaire des ressources minérales.

 

Que sont les ressources minérales ? Quels sont les usages des ressources minérales (focus art), D’où viennent les ressources minérales ? Quelles contraintes ? Quelle réponse au niveau européen ? Comment vont évoluer les sous-sols de France, voire au niveau terrestre global ? Sébastien Jaffrot dressera un inventaire des ressources minérales national. Un croisement judicieux entre œuvres d’art et sciences accompagnera cette démonstration.

 

Après une formation en Géo-ressources, eau et environnement et des études en Génie Civil Sébastien Jaffrot s’est investi considérablement dans le monde du minéral. Auditeur de l’IHEST il est actuellement directeur général de BRGM Explore, filiale du BRGM. De 2018 à 2024 Directeur adjoint de la Direction Risques naturels et prévention au BRGM après des expériences en entreprise, dans l’industrie et en bureau d’études. 

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François Lecellier

14 octobre​ 2025

L’Intelligence Artificielle, fonctionnement, limites et opportunités.

 

L’Intelligence Artificielle existe depuis plus d’un demi-siècle mais elle a connu un véritable essor avec l’apparition des grands modèles de langage (LLM en anglais) et de l’intelligence artificielle générative.
Cette dernière peut maintenant générer facilement, textes, images, sons, vidéos qui peuvent paraitre créés par des humains. Cependant, le fonctionnement de l’IA générative n’est pas magique, les algorithmes qui la sous-tende sont bien connus et c’est la puissance de calcul et le volume de données disponible qui a permis la création de cette nouvelle approche. L’usage de l’IA générative et de l’IA en général est de plus en plus présent au sein de la société, que ce soit au travail (avec la proposition d’IA spécifiques ou l’utilisation des outils du marché) mais aussi à la maison avec l’apparition d’assistants IA et de l’IA sur les smartphones et réseaux sociaux. Cette multiplication des outils et des usages constitue une crainte pour certains et une opportunité pour d’autres. Mais les IA ne sont pas parfaites, loin de là, et leurs limites sont trop souvent méconnues. Au sein de cette conférence, j’exposerai le fonctionnement, les limites et opportunités qui peuvent être vues pour les IA génératives ainsi que les problèmes sous-jacents en terme d’énergie, de

fausses informations et de propriété intellectuelle.

 

François Lecellier est auditeur de la promotion Hubert Reeves de l’IHEST, Maître de Conférences en Traitement du Signal et des Images à l’Université de Poitiers, ses thématiques de recherche s’orientent sur l’utilisation de l’Intelligence Artificielle dans des contextes spécifiques, que ce soit au niveau des images (imagerie médicale, aspect émotionnel...) mais aussi des données en général (analyse de l’apprentissage). Il est également membre du comité de pilotage Science avec et pour la Société de l’Université de Poitiers. Il est le responsable de deux groupes de travail au niveau international, le groupe Education Innovation et le groupe Intelligence Artificielle dans le groupe de Coimbra (regroupement de 40 universités européennes). Il est également chargé de mission pour l’accompagnement renforcé des

étudiants à l’Université de Poitiers.

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Anna Szyjkowska-Piotrowska

7 octobre​ 2025

Procédés des avant-gardes. L'exemple polonais.

 

Peut-on trouver un idiome particulier des avant-gardes dans un pays ou un autre ? Si c’est possible, ce serait par rapport à ce que j’appellerais un geste. Un geste qui marque le sens, un geste qui performe, qui met les choses en mouvement, qui fait avancer les choses. En commençant par les modernistes antimodernes comme Witkacy ou Schulz, en passant par ce qu’on pourrait appeler une classique des avant-gardes polonaise (Kobro, Strzemiński, groupe a.r. et beaucoup d’autres) nous allons découvrir aussi des espaces obscurs de l’histoire de l’art les gestes de femmes-artistes (Abakanowicz, Tapta) qui tissaient dans le genre d’art textile une autre histoire des avant-gardes.

 

 

Anna Szyjkowska-Piotrowska est philosophe, auteur et artiste conceptuel avec une approche interdisciplinaire (Master en philosophie et linguistique appliquée, doctorat en philosophie de l’art, soutenu à l’université de Varsovie, Pologne ; Habilitation à diriger des recherches en philosophie, soutenue à l’université Maria Curie-Sklodowska, à Lublin, Pologne.  

Professeure associée en théorie de l’art à l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie et à l’université Frédéric Chopin à Varsovie. Depuis 2022, elle est également chercheuse associée à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, à l’Institut ACTE, dans l’Axe Esthétique et théories critiques de la culture, et membre de MODERNITAS/Centre interdisciplinaire de recherches sur les avant-gardes. Elle est l’auteur de Po-twarz. Przekraczanie widzialności w sztuce i filozofii (L’après-visage. Transgresser le visible dans l’art et la philosophie), słowo/obraz terytoria, 2015, Dyrygując falom. Myślenie w awangardach wizualno-muzycznych (Diriger les vagues. Penser dans les avant-gardes visuelles et musicales), słowo/obraz terytoria 2019 et d’autres ouvrages et articles sur l’art et la philosophie, entre autres L’insaisissable du visage. Envoûtement esthétique et regard éthique, avec Gwenola Druel et Leszek Brogowski, PUR 2024.

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Isabel Nottaris

30 septembre​ 2025

À l’écoute des mondes multiples 

 

La conférence « À l’écoute des mondes multiples » nous invite à explorer les médiations à l’ère de l’Anthropocène, ce temps où bouleversements environnementaux et crises sociales viennent bousculer nos manières de comprendre et de raconter le monde. S’appuyant sur une expérience dans le domaine des musées et de la culture scientifique, Isabel Nottaris propose un voyage intellectuel et sensible au cœur des mots, des idées et des pratiques qui façonnent notre rapport aux savoirs.

Au fil de l’exposé, la conférencière met en lumière l’appauvrissement du dialogue à une époque où la parole, fragmentée et polarisée, peine à créer du lien, alors même que les enjeux écologiques exigent des récits collectifs et partagés. Elle explore la polysémie de notions comme « nature » ou « Anthropocène », dont les significations multiples traduisent la diversité des visions du monde et révèlent toute la complexité à définir ce que nous cherchons à protéger.

Cette réflexion conduit à remettre en question les grands cadres hérités de la modernité : la séparation entre nature et culture, entre humain et non-humain, entre savoirs scientifiques et savoirs locaux ne résiste plus face à l’imbrication et à la complexité des crises contemporaines. L’analyse invite ainsi à s’interroger sur la manière dont les institutions de savoir, en particulier les musées, doivent aujourd’hui rendre visibles les liens invisibles entre phénomènes écologiques, techniques et sociaux, et devenir des espaces ouverts, transdisciplinaires et critiques.

En conclusion, la conférence ouvre des perspectives pour une pensée plus relationnelle et plurielle, où sciences, humanités et cultures locales dialoguent afin d’inventer de nouvelles façons de comprendre, de transmettre et d’agir dans un monde en profonde transformation.

 

Isabel Nottaris est muséologue et dirige l’Ocim, Office de Coopération et d’Information Muséales, organisme soutenant la politique « Dialogue science-société » du MESR. Formée à l’EHESS et titulaire d’un master en géopolitique (Paris VIII), elle a exercé à Paris, Beyrouth, Bruxelles, Cayenne et a été directrice adjointe du Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse pendant sept ans. Convaincue du rôle émancipateur des musées, elle défend l’importance de leur contribution à la citoyenneté.

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Olivier Parent

23 septembre​ 2025

Analyse prospective de la science fiction

 

Bien que la science-fiction semble briller par sa modernité, elle s’inscrit en réalité dans l’histoire des arts depuis la nuit des temps, puisant ses origines dans le récit imaginaire. C’est au début du XIXe siècle qu’elle entre dans sa période contemporaine, mais elle ne prendra son nom actuel, « science-fiction », qu’un siècle plus tard. Souvent associée à l’imaginaire, au fantastique ou aux extraterrestres, la science-fiction est avant tout une œuvre d’art produite par un créateur – qu’il soit auteur, cinéaste ou dessinateur. Poussés par une urgence créatrice, ces artistes expriment à travers leurs œuvres les espérances autant que les angoisses que suscite le monde qui les entoure. Comme toute forme d’art, toutes les œuvres de science-fiction ne se valent pas, mais certaines brillent d’une lumière particulière, offrant bien plus qu’un simple divertissement : elles apportent au lecteur ou au spectateur un nouvel éclairage sur le réel de notre quotidien.

En France, il a fallu attendre une cinquantaine d’années après la Seconde Guerre mondiale pour que la science-fiction soit pleinement acceptée comme un mode d’expression à part entière.
Cette reconnaissance a ouvert la voie à l’utilisation de la science-fiction comme un exercice de pensée puissant permettant d’analyser les enjeux contemporains majeurs tels que l’intelligence artificielle (IA), le transhumanisme, l’exploration spatiale ou les défis environnementaux. Au-delà de ces vastes sujets, elle permet également de pratiquer des exercices de « What if… » sur des thématiques plus spécifiques, comme l’urbanisme, la cosmétique, l’évolution des réseaux sociaux ou les enjeux stratégiques d’entreprise. Plus intéressant encore, la science-fiction se révèle un outil précieux dans le cadre de la prospective, cette pratique stratégique d’exploration des futures d’une organisation humaine. 

En déplaçant les participants d’un exercice de design thinking basé sur la SF, il devient possible pour des groupes de co-créer, d’échanger et de discuter dans des contextes où ils n’en auraient que rarement l’habitude ou l’occasion dans leur quotidien. Cette approche favorise une exploration créative et audacieuse des futurs possibles. C’est précisément à cette découverte qu’Olivier Parent vous invite : un voyage allant d’un parcours historique de la science-fiction à la découverte d’une pratique de la prospective qui s’appuie résolument sur elle.

 

Prospectiviste issu d’une double culture artistique et scientifique, Olivier Parent fonde, en 2006, FuturHebdo.fr, le magazine de société de nos futurs immédiats. Sur ce site, des articles de journalisme prospectiviste traitent les avenirs qui se présentent à nous. D’autres sont des essais et des analyses. En 2015, Olivier a créé le Comptoir Prospectiviste.fr, bureau d’études en prospective stratégique, sociologie du futur des organisations et des nouveaux usages. Le Comptoir s’adresse aussi bien aux institutions qu’aux entreprises et associations. Cette même année, 2015, il est Auditeur de l’IHEST, Institut des Hautes Études pour la Science et la Technologie (ihest.fr), et il débute une collaboration avec le Huffington Post qui porte sur des analyses prospectives des films de science-fiction, analyses qui désormais sont aussi produites pour le CNES et inCyber News. Ces chroniques sont toutes rassemblées sur le site Sciencefictiologie.fr. Attaché à la valorisation de la culture populaire comme source d’inspiration pour demain – la science-fiction comme terre d’exploration.

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Yann Toma 

16 septembre​ 2025

Séance inaugurale,

Les images de pensée et leur projection dans l’espace réel

Ce séminaire inaugural sera l’occasion de rappeler la raison d’être du séminaire « Arts, Sciences etTechnologies ». Yann Toma évoquera en détail la relation qui lie l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne avecl’IHEST puis, pour imager cette relation de recherche féconde, il conjuguera son expérience artistique avecles raisons d’être de l’existence de ce troisième cycle de conférences. Depuis maintenant plusieurs années, Yann Toma enregistre de façon systématique des événements, interventions et conférences dans le cadre de hauts lieux de savoir tels que l’Organisation des Nations Unies, l’IHEST (Institut des Hautes Études pour la Science et la Technologie), de conférences à la Sorbonne, ou partout où il se rend dans le monde. C’est pour lui un moyen de reporter des impressions, des positions, une dimension autre de sa sensation d’un réel qui l’environne. C’est aussi un moyen d’échapper à un certain déterminisme qui environne chaque personne aujourd’hui. Les Schémas Holistiques sont des captations-flux, des reports-flux qui jouent le rôle

d’instruments tant rétrospectifs que prédictifs. Au gré de ses dessins, Yann Toma facilite les trajectoires de la pensée et canalise des flux invisibles, les réorganise selon un savant mélange où l’énergie déployée fait sens. Trois types de schémas holistiques : 1/ Les dessins/captations en direct prises in vivo lors d’une conférence ou d’un événement. 2/ Les dessins/captations en prise en différée (Beuys, Deleuze, etc.) qui permettent de capter l’énergie de l’intervenant à plusieurs années d’intervalles. 3/ Les dessins/captations en association avec une thématique particulière (planète Mars, énergie quantique, etc.). En s’appuyant sur des œuvres et des théories de l’art ancrées dans une interrelation avec le réel et ses imaginaires, Yann Toma exposera la méthodologie du séminaire en articulation avec la logique de création-recherche en vigueur à l’École Doctorale de l’École des Arts de la Sorbonne (APESA). Sera par la suite exposé le protocole de création-recherche qui devra être appliqué par chacun des étudiants enregistrés à ce séminaire.

 

Yann TOMA, artiste, professeur des universités en Arts. Auditeur de l’IHEST en 2017, promotion Irène Joliot-Curie. Il est artiste-observateur à l’ONU (New York). Son travail croise l’énergie et les réseaux, tout autant que l’éthique. Ses projets expérimentent une redistribution de l’énergie entre l’artiste et ses publics et dépendent d’un certain degré en Energie Artistique (EA) pour produire l’œuvre, de sorte qu’elle soit

véritablement commune (Dynamo-Fukushima, Grand Palais, septembre 2011 - Human Energy, Tour Eiffel, décembre 2015 – Human Greenergy, Cité interdite de Pékin, octobre 2016 – Organisation des Nations Unies New York 2017 - Capitalocene, Leroy Neiman Gallery, New York 2019 - Divinations Opening Gallery

New York - Planet Energy Saatchi Gallery 2023, etc.) et orientée vers la transformation. Il est professeur des universités à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre titulaire de l’Institut ACTE, directeur du Master in Arts and Vision (MAVI), co-directeur du Master Art & Management de l’innovation (EAS-UFR06). Il coordonne

de multiples projets de recherche liés aux ODD. Il est également auditeur de l’IHEST, membre du Board de la Fondation des États-Unis, directeur de Sorbonne Artgallery, professeur des universités et président de Sorbonne Développement Durable (SDD), structure réticulaire collaborative. Il est par ailleurs Global Visiting Artist de New York University. www.yanntoma.com

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